<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"><channel><title><![CDATA[Naturaliste nomade]]></title><description><![CDATA[Un tour du monde de 4 années à la découverte de la biodiversité]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/</link><image><url>http://blog.naturaliste-nomade.fr/favicon.png</url><title>Naturaliste nomade</title><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/</link></image><generator>Ghost 2.25</generator><lastBuildDate>Tue, 05 May 2026 15:20:35 GMT</lastBuildDate><atom:link href="http://blog.naturaliste-nomade.fr/rss/" rel="self" type="application/rss+xml"/><ttl>60</ttl><item><title><![CDATA[Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent]]></title><description><![CDATA[<p>La proue dirigée vers un noir d’encre, la poupe encore éclairée par les lueurs de Dakar, nous quittons le continent le soir du 22 novembre. Après 3 mois sur les routes, c’est sur les mers que continue le périple. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/carte-blog-TRANSAT.jpg" class="kg-image"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Pas vraiment le temps de s’acclimater à ce</p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/chapitre-10-troc-cuisses-contre-vent/</link><guid isPermaLink="false">65400e464c30150001f687f7</guid><category><![CDATA[Résumés des dernières étapes]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Sat, 09 Dec 2023 19:39:43 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191202_065915-1.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191202_065915-1.jpg" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"><p>La proue dirigée vers un noir d’encre, la poupe encore éclairée par les lueurs de Dakar, nous quittons le continent le soir du 22 novembre. Après 3 mois sur les routes, c’est sur les mers que continue le périple. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/carte-blog-TRANSAT.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Pas vraiment le temps de s’acclimater à ce nouvel environnement, nous devons naviguer de nuit et prendre la barre à tour de rôle avec Xavier pour réussir à dormir quelques heures, ce que les navigateurs appellent « prendre des quarts ». Je me retrouve donc à driver un catamaran de 17 mètres entre 2h et 5h du matin, dans une mer inconnue avec une famille à bord. J’ai connu des moments plus sereins. C’est un beau et grand bateau dont l’énorme surface de voile lui permet d’atteindre des vitesses impressionnantes. Le vacarme du ressaut hydraulique à l’arrière du bateau est similaire à celui d’un moteur de 150CV et son sillage n’a rien n’a lui envier. Les conditions météorologiques idéales nous font parcourir les 350 milles nautiques (630 km) en seulement une journée et demie. Nous arrivons sur l’île de Boa Vista au petit matin. Nous longeons une plage magnifique, interminable et déserte pendant des kilomètres. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191125_085827.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Nous affalons les voiles et le petit équipage se réveille au son du cliquetis de la chaîne de mouillage qui passe sur un taquet en laissant descendre doucement l’ancre vers le fond. Nous avons l’impression d’être les premiers hommes à découvrir cette terre, tout l’équipage se prépare, excité à découvrir ce nouveau monde et content de toucher la terre ferme. Ce paysage linéaire et sableux me projette quelques semaines auparavant, dans le Sahara où la soif, la solitude et les conditions extrêmes m’assaillaient. Aujourd’hui, je suis sur un voilier luxueux, accompagné d’une belle petite famille devant une plage paradisiaque. J’ai même une bouteille de rhum et des fruits frais dans le cockpit. Contrastée, cette grande balade.</p><p>Nous passons la matinée à plonger, nager, sauter et jouer du cornet à piston…Cette récréation sonne aussi la fin de notre épopée commune. Avant les aurevoirs et les remerciements, les filles me font un spectacle de danse et me font quelques dessins « personnalisés ». Je reprends le vélo pour rejoindre l’équipage avec lequel je vais traverser l’atlantique mais j’ai le cœur gros de quitter cette famille passionnante.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191126_202731@0-3x-1.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Je rejoins ma nouvelle monture, Boomerang, un catamaran de 12 m et son équipage : Stéphane, le capitaine, Geneviève, la capitaine et Camille et Charles les moussaillons. Ils font un tour du monde en famille et à la voile pour profiter du monde et surtout des spécialités culinaires locales. Grands gourmands et gourmets, ils écument les échoppes et les gargotes à la recherche des traditions culinaires oubliées les plus étranges les unes que les autres. Petit blanc quand je leur rappelle que je suis végétarien… Ils comprennent que je ne suis pas dogmatique sur le sujet, nous allons nous entendre. </p><p></p><p>Le Cap Vert n’est pas vraiment vert. </p><p>Il est situé à la même latitude que Dakar, il y fait sec et chaud. L’océan régule légèrement le climat et on y retrouve davantage de végétation que sur le continent, en face. En tant qu’archipel volcanique assez éloigné du continent, il bénéficie d’un fort endémisme. J’ai notamment pu observer le Mabuya de l'île de San Nicolau et Moineau du Cap Vert, présents uniquement sur ces îles.</p><!--kg-card-begin: gallery--><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1046341.jpg" width="2592" height="1458" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1046357.jpg" width="2176" height="1224" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1046490.jpg" width="2592" height="1458" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1046768.jpg" width="2592" height="1458" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191129_170316.jpg" width="2016" height="1134" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191202_065915.jpg" width="2016" height="1134" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div></div></div></figure><!--kg-card-end: gallery--><p>Après quelques jours à sillonner l’archipel, nous décidons de nous lancer dans la grande traversée le 11 décembre.</p><p>Transat… Pour certains, ce joli mot évoque des soirées estivales entre amis autour d’un bon barbecue, le coucher de soleil dans les yeux et un verre de pastis à la main. Pour d’autres, comme pour moi, il signifie beaucoup plus qu’une chaise longue au tissus jauni par le soleil. Il sent les embruns, les magnifiques aventures maritimes, les courses au large en solitaire, les passionnantes histoires de pirates mais aussi l’épouvantable commerce triangulaire. Grâce à l’équipage de boomerang, j’ai donc la chance de mettre les pieds dans ceux d’illustres navigateurs et de toucher du doigt l’histoire maritime. Je traverse l’Atlantique à la voile.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191210_143359.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"><figcaption>Dernière vue terrestre avant longtemps</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Et pour débuter rien de tel qu’une avarie… Première nuit, le vent forcit, je ne suis pas de quart et tente de m’assoupir dans ma cabine. Un choc énorme me précipite contre la paroi. Tout ce qui n’est pas arrimé dans le bateau vole à travers le carré, ustensiles, coussins mais aussi les jeux des enfants et notamment une grosse caisse de Lego…Je cours vers le cockpit en écrasant quelques briques saillantes et rejoins Stéphane et Geneviève en panique. On vient de perdre un des deux safrans ou gouvernails, il ne répond plus. Le bateau se met irrémédiablement parallèle aux vagues qui nous tabassent. J’essaie de maintenir le bateau comme je peux pendant que Stéphane bondit dans le coffre du safran défectueux. Geneviève lui transmet les outils à sa demande, une opération à cœur ouvert. Quelques dizaines de minutes et de seaux d’eau plus tard, Boomerang semble reprendre un mouvement régulier, la tension redescend. Nous sommes prêts pour la suite. Cette montée en stress collectif aura été la première d’une longue série. Certaines légitimes, d’autres moins. Il m’aura fallu quelques jours pour comprendre le fonctionnement de cette famille et m’y habituer. Les jours et les nuits se succèdent au fil de lecture, repas, sieste et navigation. Petit à petit, nous prenons nos habitudes et le bleu infini de la mer et du ciel devient commun, la tapisserie de notre cabane. Nous sommes plutôt épargnés par la météo et nous naviguons assez confortablement vers la Martinique.</p><!--kg-card-begin: gallery--><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191210_181702.jpg" width="4032" height="2268" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191212_121123.jpg" width="4032" height="2268" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191218_155803.jpg" width="4032" height="2268" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191209_164314.jpg" width="4032" height="2268" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191215_092144.jpg" width="4032" height="2268" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191222_091417-1.jpg" width="4032" height="2268" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div></div></div></figure><!--kg-card-end: gallery--><p>Une dernière avarie qui m’oblige à monter en haut du mât avec 3m de vagues et 30 nœuds de vent et nous arrivons, 13 jours après notre départ, au Marin, en Martinique. Pendant cette traversée épique, il y eu la visite de Fou bruns, d’Océanites, de Rorquals, de Dauphins et même d’un Paille-en-queue qui élu domicile sur le pont pour quelques heures… Des pépites d’inattendus dans une monotonie pesante ou seule la couleur des cieux et de la mer se permet quelques exubérances.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191224_072219.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"><figcaption>L'arrivée au Marin en Martinique</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>On est le 24 décembre et je prends congé de mes hôtes navigateurs en les remerciant chaleureusement de cette expérience unique. Je reprends la bécane et vais trouver refuge chez la sœur du voisin d’un oncle… Sophie. Je dois rester quelques jours pour trouver un bateau qui pourrait m’emmener en Guyane. Je m’aperçois très rapidement que ça va être très compliqué au vue des courants et des vents contraires. Je décide donc de changer de programme et d’envisager le tour de l’Amérique dans l’autre sens à savoir Colombie, Equateur, Pérou, Brésil et Guyane. Il sera plus facile de trouver un bateau pour les Antilles en Guyane. Bonne idée mais pas suffisante.</p><!--kg-card-begin: gallery--><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20200106_110303.jpg" width="2016" height="1134" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1046935.jpg" width="1956" height="1101" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20200106_095447.jpg" width="2016" height="1134" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1046888.jpg" width="2232" height="1256" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20200106_144535.jpg" width="2016" height="1134" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1047119.jpg" width="2151" height="1210" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></div></div></div><figcaption>Quelques petites récréations martiniquaises</figcaption></figure><!--kg-card-end: gallery--><p> Je ne trouve rien pendant 1 mois et demi, il faut maintenant trouver une solution rapidement. Et puis un matin, je rencontre un couple de jeunes, ukulélé sur l’épaule et maracasses dans les mains en train de chercher des équipages pour partir sur le Continent. On se croise, dubitatifs :</p><p>« - Salut, c’est la première fois qu’on te voit ? Tu es là depuis longtemps ?</p><p>- Oui, ca fait 1 mois et demi et c’est vraiment chaud pour partir d’ici.</p><p>- Depuis un mois et demi ? Mais tu devrais venir nous voir, on est tous sur la colline derrière la marina, on squatte une petite forêt et on vient faire les poubelles de la Marina le soir, on a plein de bouffe !</p><p>- Vous êtes TOUS sur la colline ? Comment ça TOUS ?</p><p>- Yes, on est une trentaine à faire du bateau stop mais viens ce soir, on fait une grosse teuf parce qu’une copine a réussi à trouver un bateau pour partir d’ici ! »</p><p>Fin de ma recherche en Martinique, je pars au plus tôt, mais ce sera sans voilier. Je sollicite donc la CMA-CGM, une grosse boite de transport maritime, pour traverser en cargo. La standardiste m’informe qu’il est tout à fait possible de prendre un cargo mais que :</p><p>1- C’est 150€ par jour</p><p>2- Le voyage doit être minimum de 5 jours, or, il n’en faut que 4 pour aller du Marin en Martinique au Dégrad des Cannes en Guyane donc la solution serait de monter à Saint-Martin et dans ce cas, cela fera bien 5 jours.</p><p>Il faudrait donc que je trouve un bateau qui m’emmène plein nord à Saint-Martin pour que je prenne un cargo qui le lendemain s’arrêterait en Martinique pour aller en Guyane, et ce pour 750€. Bah non.</p><p>Je prends l’avion et arrive en Guyane le 10 février. A moi la forêt tropicale !</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/P1130033.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 10 - Troc cuisses contre vent"></figure><!--kg-card-end: image-->]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Chapitre 9 - Retour du vert et du son]]></title><description><![CDATA[<p>Le premier panneau d’information que je croise sur le bord de la piste défoncée à l’arrivée dans le parc m’invite à me méfier des bordures des zones humides dans lesquelles s’épanouissent de joyeux crocodiles du Nil… Un accueil original, flippant et excitant qui présage de belles</p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/chapitre-9-retour-du-vert-et-du-son/</link><guid isPermaLink="false">64f25b884c30150001f687aa</guid><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Mon, 13 Nov 2023 11:49:17 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1045353-2.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1045353-2.jpg" alt="Chapitre 9 - Retour du vert et du son"><p>Le premier panneau d’information que je croise sur le bord de la piste défoncée à l’arrivée dans le parc m’invite à me méfier des bordures des zones humides dans lesquelles s’épanouissent de joyeux crocodiles du Nil… Un accueil original, flippant et excitant qui présage de belles rencontres. Petit à petit, je sens mon état d’esprit de guerrier du désert se relâcher. Plus besoin de lutter contre un environnement hostile. J’ouvre les yeux, les narines, les oreilles en grands et c’est un festival.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/carte-blog-DIAWLING.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 9 - Retour du vert et du son"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Bienvenue au Parc national mauritanien de Diawling, parc transfrontalier avec le Sénégal de plus de 70 000 ha, zone estuarienne du fleuve Sénégal et Réserve de Biosphère de l’UNESCO, ça pose un statut. Je suis reçu par Zein, conservateur du parc, teint halé, petite moustache et chemise bardée de logos : Parc de Diawling, BACOMAB, UE, Banque mondiale, RAMSAR, UNESCO, etc. Un homme sandwich au service de la biodiversité. Après avoir échangé sur la démarche du projet Naturaliste nomade, il m’invite chaleureusement à rester le temps qu’il faut. Je me fais attribuer une petite chambre aux murs orange vif dans la maison du parc et y déballe mes sacoches encore ensemencées de sable saharien. Je m’y sens bien et m’y repose en fantasmant les observations naturalistes à venir.</p><p>Il faudra quelques dizaines de mètres de randonnée sur les petites pistes en argiles pour comprendre que l’observation de la faune ne nécessitera pas d’affut et peut-être même pas de jumelles ! 10 mètres et un Œdicnème du Sénégal me grille la priorité, 10 de plus et un couple d’Alcyons pie, le « martin-pêcheur » local, hurle en faisant un concours de vol acrobatique, puis c’est un phacochère qui gambade, un rollier qui ébroue son plumage bleu électrique, une nuée de libellules rouges, un varan des steppes qui joue au joint (f. photo) entre deux poteaux, cette fois, l’opulence espérée est bien réelle.</p><!--kg-card-begin: gallery--><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1044510-1.jpg" width="1856" height="1044" alt="Chapitre 9 - Retour du vert et du son"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1044643.jpg" width="1495" height="841" alt="Chapitre 9 - Retour du vert et du son"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1044676-1.jpg" width="2592" height="1458" alt="Chapitre 9 - Retour du vert et du son"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1045280-1.jpg" width="1518" height="854" alt="Chapitre 9 - Retour du vert et du son"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1045353-1.jpg" width="1442" height="811" alt="Chapitre 9 - Retour du vert et du son"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1045553-1.jpg" width="1979" height="1113" alt="Chapitre 9 - Retour du vert et du son"></div></div></div></figure><!--kg-card-end: gallery--><p>De retour de ce zoo sans cages, je croise Zein revenant d’un village de pêcheurs situé dans le parc.</p><p>« - Bonjour Zein ! C’est incroyable cette diversité et cette intimité que l’on peut avoir avec la faune ici ! J’ai vu au moins une trentaine d’espèces d’oiseaux ce matin !</p><p>-Ah ! Super ! Tu me feras une liste ? Tu as pu faire de belles photos ? Moi aussi, j’ai de la chance, j’en ai vu 93 en 1 heure de route. On est gâté ! »</p><p>93 en 1 heure ! Moi qui croyais avoir l’œil ! En tant que conservateur, Zein met en place de nombreux protocoles de suivi de la biodiversité mais également des programmes de soutien aux populations locales en favorisant les activités économiques traditionnelles en lien avec la biodiversité, telles que la confection de nattes en Sporobolus, de savons végétaux ou d’encens. Nos échanges sont rares mais riches. Au-delà des aspects naturalistes, il me fait partager une vision de la Mauritanie bien différente de celle de Said, une vie rurale dans un environnement chaud et riche.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191120_081455.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 9 - Retour du vert et du son"><figcaption>La maison du parc et la bécane</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Les premiers jours sont dédiés à la photo et au repérage pour des séances de vidéos ultérieures. Je trace vers le fameux panneau « Croco » sur les conseils de Zein pour essayer de capter un œil ou une mâchoire dans l’appareil photo. J’attends sans bouger. Longtemps. Il fait chaud. Très. Puis j’entends de petits coups irréguliers sur une surface dure. Je n’ose tourner la tête de peur de louper l’apparition du saurien ou de me faire gober. Le son est juste à côté, on a l’impression que cela provient du panneau au-dessus de moi. Je finis par lever la tête. Sur le fameux panneau, un Alcyon pie est en train d’assommer sa nouvelle prise pour l’avaler sereinement. Il jongle avec l’énorme poisson puis le fracasse contre le panneau, le retourne et pan ! Ça dure au moins 3 minutes. En plus des dizaines de logos, le panneau est constellé de traces de sang séché. Ce n’est pas la première fois que le petit barbare s’adonne à ses jeux morbides. Je n’aurais pas vu le croco mais j’aurais vécu un beau moment naturaliste. Je repars vers la maison du parc et suis surpris, puis fasciné, par un vol incroyable de centaines de Pélicans qui assombrissent le ciel, juste au-dessus de moi. Je ne sortirais pas l’appareil photo, je veux avoir rien à faire d’autre que de profiter pleinement.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/_1045775.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 9 - Retour du vert et du son"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Depuis quelques semaines, une charge mentale me taraude. Un équipage va m’attendre dans quelques semaines au Cap Vert, mais je ne sais pas comment je vais pouvoir atteindre l’archipel depuis Dakar. Je contacte la marina de Dakar, des personnes ressources, mais aucun voilier n’est prêt à partir vers le Cap Vert. J’en informe le capitaine du voilier qui va m’attendre là-bas. Une heure plus tard, il me rappelle et a trouvé une solution : une petite famille avec qui il est en contact et qui fait le tour de l’Atlantique à la voile va faire ce trajet. Le petit souci, c’est qu’il le fera le lendemain ! Etant donné la difficulté à trouver une embarcation, je décide de quitter précipitamment Zein et le Parc de Diawling. Pour la deuxième fois, je ne pourrais pas faire ce que j’avais prévu dans une Réserve de Biosphère, c’est frustrant. Me voilà donc parti au petit matin pour rejoindre la frontière sénégalaise, puis Saint-Louis, où je trouve un taxi brousse sur lequel je jette le vélo et enfin, j’arrive à Dakar. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191120_142451.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 9 - Retour du vert et du son"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Le volume sonore entre Diawling et Dakar n’a pas changé mais sa nature, radicalement. Cette ville ne m’a montré que ses aspects désagréables : surdensité de voitures, de pollution, d’agressivité. Je ne me souviens pas avoir déjà eu cette impression dans tous mes voyages antérieurs. Heureusement, je rencontre mon équipage de choc pour aller au Cap Vert. Xavier le capitaine, Nathalie la capitaine, Ainoa, Maialen et Elaia, les moussaillonnes ainsi qu’Aïmalaïa, un superbe catamaran de 55 pieds soit 17 m. On fait vite connaissance, on embarque les courses et on largue les amarres pour la haute mer. Je quitte donc l’Afrique pour rejoindre l’Amérique, un grand moment. Mais avant, j’ai juste une petite bricole à faire : une transatlantique à la voile…</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/10/20191122_080738.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 9 - Retour du vert et du son"></figure><!--kg-card-end: image-->]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Chapitre 8 - Nouakchott et le sud de la Mauritanie]]></title><description><![CDATA[<p>Bientôt, le vent devrait tourner et je serais alors poussé par une main tiède et  bienveillante. En attendant, je galère toujours avec la gestion du stock d’eau. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/carte-blog-MAURITANIE-2.jpg" class="kg-image"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Après quelques épisodes plutôt désagréables à rationner le nombre de gorgées avant d’atteindre un ravitaillement, je décide d’augmenter ma réserve.</p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/nouakchott-et-le-sud-de-la-mauritanie/</link><guid isPermaLink="false">5e8c8930d5aa0b0001136188</guid><category><![CDATA[Résumés des dernières étapes]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Mon, 25 Sep 2023 13:24:00 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1044319.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1044319.jpg" alt="Chapitre 8 - Nouakchott et le sud de la Mauritanie"><p>Bientôt, le vent devrait tourner et je serais alors poussé par une main tiède et  bienveillante. En attendant, je galère toujours avec la gestion du stock d’eau. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/carte-blog-MAURITANIE-2.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 8 - Nouakchott et le sud de la Mauritanie"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Après quelques épisodes plutôt désagréables à rationner le nombre de gorgées avant d’atteindre un ravitaillement, je décide d’augmenter ma réserve. Désormais, je transporte neuf litres d’eau au lieu de six : le confort. Je peux m’hydrater, me nourrir et même me « laver » entre deux ravitaillements qui peuvent être éloignés d’une centaine de kilomètres. Je regarde avec envie les dromadaires qui traversent la route nonchalamment : ils sont adaptés, eux… </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1023930.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 8 - Nouakchott et le sud de la Mauritanie"><figcaption>Comme dans les Bardenas en Espagne, le vent s'amuse avec le sable</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Ne craignant plus de mourir déshydraté sur le bord de la route et avec l’aide d’un vent devenu amical, la distance parcourue par jour augmente jusqu’à atteindre 160 km le jour où j’arrive dans la capitale, Nouakchott.</p><p>J’y suis accueilli, non pas simplement hébergé, mais bien accueilli, par Saïd, sa femme et son fils. Je loge dans un appartement cossu à l’aménagement traditionnel comprenant notamment deux vastes salons : le premier pour les femmes, le second pour les hommes. Chacun est délimité par une banquette qui coure sur trois murs. On peut y accueillir au moins 30 convives. D’immenses tapis naturalistes couvrent le sol et des versets du coran calligraphiés habillent les cloisons. Au milieu du seul mur qui ne bénéficie pas de banquette trône une énorme télévision sur un meuble traditionnel. J’ai ma propre chambre.</p><p>La famille n’est jamais seule : collègues, amis, famille élargie participent à l’ambiance du lieu. Au total, je rencontre dans le salon masculin une dizaine de trentenaires mauritaniens aisés, plus ou moins politisés. Ils comprennent très vite mon envie de découvrir leur vie, leur quotidien. Les échanges sont foisonnants et singulièrement bienveillants. Un jour, c’est un ami de Saïd qui vit habituellement à Bordeaux qui m’instruit sur la place centrale du désert et du nomadisme chez les Mauritaniens, y compris chez les citadins. Un autre jour, c’est un collègue tunisien qui compare sa vie en Tunisie et celle en Mauritanie. Encore un autre jour, deux de ses amis, passionnés par mon périple, me questionnent pendant des heures. Mais c’est surtout de Saïd que j’apprends le plus sur la vie en Mauritanie et sur l’Islam, plus particulièrement sur le soufisme, un des courants de ses érudits. Nous trouvons des ponts évidents avec d’autres courants spirituels : amour universel, altruisme, intégrité, non-dualisme, etc. C’est passionnant.</p><p> Je suis les prières en observateur attentif. Lorsque les invités sont présents à l’heure de la prière, Saïd préside. Il déclame, tantôt menton dressé vers le ciel, tantôt vers le sol, ouvre ses mains, se les appose sur le visage. Ses coreligionnaires l’imitent. La danse sacrée est lente. Il se plie, ils se plient. La déférence et le respect qui émanent est palpable. Il s’agenouille, ils s’agenouillent, se relèvent ensemble. L’hommage est à peine chanté et les syllabes sont souvent chuchotées. L’ambiance sonore est solennelle et mystérieuse. La prière achevée, les discussions reprennent aussi vite qu’elles se sont tuent. Un dernier évènement va marquer la fin de mon séjour. </p><p>Un matin, Saïd s’affaire autour de la grosse enceinte qui lui sert de lecteur de musique. Il me regarde, enthousiaste, comme s’il trouvait enfin un partenaire d’écoute. Le son n’est pas encore lancé qu’il tord le potentiomètre du volume au-delà du maximum. Je n’ai pas encore pu écouter de musique mauritanienne, je lui souris en retour. Trois accords, l’appartement vibre, puis : « Au nord, c'étaient les corons, la terre c'était le charbon, le ciel c'était l'horizon, les hommes des mineurs de fond… » et Saïd tourne sur lui-même, chante, me regarde attendant la même extase de ma part. Je suis dans les tréfonds de Nouakchott, capitale de la Mauritanie, chez un habitant pieux et sa passion musicale, c’est Pierre Bachelet !</p><p>Je devais rester deux ou trois jours chez Saïd, j’y reste une semaine. Il m’emmène à ses rendez-vous professionnels, à son match de foot, à son travail (logistique maritime), chez sa mère… Chaque jour, j’en sais plus sur ce pays chaleureux. Chaque rencontre est un point de vue, sans prise de recul, un point de vue radical sur la situation du locuteur : jeune homme d’affaires dynamique qui sera sûrement dans les hautes sphères de l’État dans les prochaines décennies, mère malade à la tête d’un gynécée dans une société patriarcale et misogyne ou encore expatrié espagnol à la tête d’une usine de carton…. Je ne peux pas vous faire une synthèse de ces discussions passionnantes. Je les ai plus intégrées que retenues.</p><p>Je prends congé de mon hôte le 13 novembre. À l’image du peuple du désert, je charge mes effets et ma maison sur mon destrier et repars pour une vie nomade, simple et dépouillée. Mon nouvel objectif est la Réserve de Biosphère de Diawling au niveau de l’estuaire du Sénégal à la frontière sénégalaise à 200km de Nouakchott, soit trois jours de route. Je regrette bien vite la climatisation de l’appartement de Saïd. La chaleur et la luminosité intense me tassent sur le vélo, elles me saoulent. Pourtant, pas un centimètre carré de peau n’est offert au cagnard et aux vents sableux. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191104_174759b.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 8 - Nouakchott et le sud de la Mauritanie"><figcaption>Seule ombre organique détectée depuis plusieurs semaines.</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Comme en mer, mes sensations dans le désert sont très contrastées et dépendent directement des conditions météorologiques. Quand les éléments sont apaisés, je vis dans la sérénité, le calme et la contemplation, je me sens d'ici. Lorsqu'ils se déchaînent, c'est la violence, le vacarme et la fragilité, je suis un étranger inadapté. Les pauses nocturnes sont alors salvatrices. J’échoue tantôt dans un village abandonné, tantôt dans un poste militaire accueillant… </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1044318.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 8 - Nouakchott et le sud de la Mauritanie"><figcaption>Village abandonné</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Chaque matin, le même rituel et la même préparation à la fournaise, mais les conditions commencent à évoluer. Avec la latitude qui décroît, les températures fléchissent, les bords de routes s’étoffent de plantes rachitiques qui verdissent au fil des kilomètres. Petit à petit, la vie reprend ses droits dans tous ses aspects : les paysages se décorent d'acacias, le ciel de passereaux, le vent de chants d'insectes, les pistes d'habitations rudimentaires. Le cul encore vissé sur la selle, je me retourne et prends conscience qu'une étape majeure vient d'être franchie. Je viens de traverser le Sahara, j’accède au Sahel.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191105_093718@0-3x.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 8 - Nouakchott et le sud de la Mauritanie"><figcaption>Encore quelques sursauts sableux</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>L’approche de l’estuaire du Sénégal accentue encore le contraste : les fossés se remplissent d’eau et de roseaux, la chaleur desséchante du désert laisse place à une chaleur humide autrement plus pesante, le silence minéral à la cacophonie avicole. La luxuriance ! Il aura fallu moins de 200 km pour passer d’un désert biologique à l’opulence. J’arrive à Diawling, heureux d’avoir vécu le désert et d’être là, de l’autre côté, prêt à me gaver de vie.</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Chapitre 7 - L'épreuve sahraouie continue]]></title><description><![CDATA[<p>Les jours qui suivent se ressemblent. Doucement, je trouve un rythme, un rythme lent et même très lent lorsque le vent forcit. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/carte-blog-MAURITANIE-1.jpg" class="kg-image"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Pendant des jours, un puissant vent d’est chargé de sable me ralentit. Je ne roule plus à la verticale, mais penché côté vent… Sa force est telle</p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/lepreuve-saharouie-continue/</link><guid isPermaLink="false">5e8c8984d5aa0b000113618e</guid><category><![CDATA[Résumés des dernières étapes]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Sun, 03 Sep 2023 16:38:13 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1044276-1.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1044276-1.jpg" alt="Chapitre 7 - L'épreuve sahraouie continue"><p>Les jours qui suivent se ressemblent. Doucement, je trouve un rythme, un rythme lent et même très lent lorsque le vent forcit. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/carte-blog-MAURITANIE-1.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 7 - L'épreuve sahraouie continue"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Pendant des jours, un puissant vent d’est chargé de sable me ralentit. Je ne roule plus à la verticale, mais penché côté vent… Sa force est telle que mon vélo est d’une propreté étincelante côté vent, le sable transporté par ce dernier a décapé le côté gauche du vélo. </p><!--kg-card-begin: embed--><figure class="kg-card kg-embed-card kg-card-hascaption"><iframe src="https://player.vimeo.com/video/405189640?app_id=122963" width="426" height="240" frameborder="0" allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen title="Vent mauritanien piquant"></iframe><figcaption>Comme si la chaleur ne suffisait pas...</figcaption></figure><!--kg-card-end: embed--><p>J’arrive à Boulenouar faire le plein d’eau avec un vélo quasi neuf (côté gauche…). J’en profite pour passer les quelques heures du zénith à l’ombre du préau d’une petite épicerie. Je m’incruste sur une natte où une dizaine de Mauritaniens noirs et hâlés en drâa, magnifique tenue traditionnelle bleu ciel, prennent le thé. Comme toujours, je suis l’attraction. Un blanc qui traverse leur pays désertique en vélo, c’est… cocasse… On partage le thé et toute la troupe disparaît, à part un vieil homme, resté silencieux depuis mon arrivée. Finalement, il décide de m’adresser la parole en me posant des questions logistiques sur mon périple. Son français est excellent et soutenu. La discussion qui s’engage est passionnante. Il a été instruit par les colons français à la dure. Il se prenait des coups de trique pour chaque faute d’orthographe et subissait des punitions humiliantes. Résultat, il est amoureux de la France et la fantasme… Syndrome de Stockholm ? Il m’explique que, pour exprimer des situations ou des émotions complexes, il ne peut pas le faire en arabe, il doit utiliser le français. Il ponctue son monologue de textes d’Hugo, de poèmes de Baudelaire et du discours d’investiture de Mitterrand. Impressionnant. Le seul phénomène qu’il ne comprend pas, c’est l’élection de Sarkozy : « Comment un peuple éduqué et clairvoyant comme l’est le peuple français a pu voter pour ce nabot ?? ». Il m’apporte des éléments indispensables pour comprendre la culture mauritanienne et son histoire. Nous nous serrons dans les bras, il m’offre son haouli (type de chech) blanc immaculé, je repars plus au sud, ému, nouvellement enturbanné.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191104_151743.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 7 - L'épreuve sahraouie continue"><figcaption>Baba, un érudit dans le désert (il est à droite...)</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Il ne me reste plus que 235 km pour atteindre le mythique banc d’Arguin, zone côtière de 17 000 km² dont la faible profondeur et les courants favorables offrent un gîte et un couvert exceptionnel pour tous les oiseaux migrateurs en provenance d’Europe de l’Ouest, extenués par la traversée du Sahara. Deux millions d’oiseaux s’y reposent par an. Cette année, je me joins à cette cohue avicole. Toute la surface terrestre est occupée par le désert et une seule route y pénètre, tout au sud. Elle dessert un petit village de pêcheur. </p><p>Une seule route de 50 km pour une surface grande comme deux fois la Corse… Le parc se visite donc en barque et en 4x4. Je suis à vélo. Un autre facteur joue dans les choix que je dois faire : le temps. Je dois arriver à Dakar fin novembre et j’ai une Réserve de Biosphère à visiter : la Réserve de Biosphère transfrontalière de Diawling. Je n’ai que peu de temps à accorder au gigantesque Banc d’Arguin. Il faudra trois jours pour atteindre le poste d’entrée du parc. Je décide de rester seulement trois jours dans le petit village de pêcheurs accessible par la route. Il existe deux lagunes à proximité, connues pour accueillir de nombreux oiseaux d’eau. Je me satisferais de cette approche. Je laisse mon vélo au poste d’entrée et prends un « taxi » qui m’emmène à Nouamghar. Boutiah, le responsable du poste d’entrée a contacté ses collègues du village pour les prévenir de mon arrivée. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191107_132733@0-3x.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 7 - L'épreuve sahraouie continue"><figcaption>Boutiah, son poste d'entrée au PNBA (Parc national du Banc d'Arguin) et la bécane</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Une tente traditionnelle dans un petit centre touristique serait disponible pour mon séjour. J’arrive au village, le dos endolori de la présence de nombreux trous dans la route et de l’absence d’amortisseur de la splendide épave qui me sert de taxi. Le village ressemble à un camp de réfugiés, il est composé d’une multitude de petits baraquements rudimentaires. Le chauffeur ne connaît pas le centre touristique et m’emmène au bureau du Parc. Les agents sont un peu penauds. Il n’y a pas de centre touristique, pas de tentes… Je vais donc dormir chez eux… Je partage une omelette et un bout de pain rassis avec mes hôtes, m’installe, prépare mon matériel photo pour le lendemain matin et m’endors sur la banquette de bois qui m’est attribuée. À 5h30, je pars pour deux heures de marche rejoindre les sites ornithologiques. L’ambiance est ahurissante : couleurs ocres à peine révélées par une lumière encore évanescente, odeurs marines prégnantes, paysages lunaires, absence totale de bruit, horizon infini délimité par l’océan d’un côté et de lointaines dunes de l’autre. Je marche accompagné d’une étrange excitation. Le chemin longe en partie une plage peuplée de vestiges de conques et d'herbiers marins, nourriture appréciée de nombreux oiseaux. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191108_134332@0-3x.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 7 - L'épreuve sahraouie continue"><figcaption>Récolte en une demie heure</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>J’atteins enfin une dune de coquillage qui m’offre une vue imprenable sur les deux lagunes recherchées. Approcher les oiseaux est complexe, je suis à découvert. Je passe ma journée à ramper au milieu des liserons et des palétuviers pour observer et photographier sternes, pélicans, barges, pluviers, courlis, flamants et autres bécasseaux. J’ai mal aux genoux, je n’ai pas de photos incroyables, mais je viens de vivre une magnifique journée, le genre de celles qui me font faire ce voyage. </p><!--kg-card-begin: gallery--><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1024013.jpg" width="1789" height="1006" alt="Chapitre 7 - L'épreuve sahraouie continue"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1024034.jpg" width="1948" height="1096" alt="Chapitre 7 - L'épreuve sahraouie continue"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1024050.jpg" width="2044" height="1150" alt="Chapitre 7 - L'épreuve sahraouie continue"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1044151.jpg" width="2575" height="1448" alt="Chapitre 7 - L'épreuve sahraouie continue"></div></div></div><figcaption>En haut à gauche : envol de Pélican blanc (<em>Pelecanus onocrotalus</em>) ; En haut à droite : repos de Barges rousses (<em>Limosa lapponica</em>) ; en bas à gauche : méditation du pluvier argenté (<em>Pluvialis squatarola</em>) ; en bas à droite : Envol de sternes</figcaption></figure><!--kg-card-end: gallery--><p>De retour chez les agents du parc, je décide de partir le lendemain, les distances entre les sites ornithologiques sont trop grandes pour les faire à pied et les agents n’ont pas de missions prévues sur d’autres spots. Le retour vers le poste d’entrée est encore plus épique que l’aller. Par un concours de circonstances, je me retrouve assis sur une cargaison de poissons à 2,5m de hauteur dans la benne d’un petit camion poussif en compagnie d’une dizaine de pêcheurs. La cargaison est trop imposante pour la benne, elle est maintenue par un filet de pêche. Le camion est obèse. On me dit de bien me cramponner au filet en prévention d’accident. Imaginons un instant l’efficacité du dispositif… Il suffit d’un coup de frein sec pour que tous les passagers volent au-dessus de la cabine en laissant derrière eux une salade de doigts pris dans le filet… Le bombement de la cargaison provoque l’instabilité de mon fessier et un lent glissement vers l’extérieur, je ne maîtrise rien. On roule à 90 km/h et je glisse doucement malgré mes doigts crispés sur ce filet sournois sur une route défoncée. Ça devient chaud… Le camion ralentit et s’arrête. Tout le monde descend, c’est la prière ! Allah vient de me sauver ! Je m’installe mieux dans une petite dépression de la cargaison, je ne risque plus de finir écorché sur la route. J’ai troqué ma mort contre une subtile odeur poissonneuse qui imprègne mon séant. Tout le monde remonte et nous arrivons au poste en début de nuit. Boutiah m’y accueille. Je dors, heureux d’être en vie et des images ornithologiques de la veille. Après un traditionnel thé à la menthe, je repars toujours vers le sud en direction de Nouakchott.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191109_090749-1.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 7 - L'épreuve sahraouie continue"><figcaption>Vers Nouakchott</figcaption></figure><!--kg-card-end: image-->]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Un dernier projet et j'y vais...]]></title><description><![CDATA[<p>Pendant ma préparation pour le nouveau départ et sous l’impulsion de différentes personnes, je me suis lancé dans un petit projet éditorial pour faire découvrir la richesse insoupçonnée des milieux naturels guyanais durant la nuit via la publication d’un ouvrage photographique.</p><p>L’idée était de préparer le bouquin</p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/un-dernier-projet-et-jy-vais/</link><guid isPermaLink="false">63ce82f74c30150001f68724</guid><category><![CDATA[Guyane Nocturne]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Mon, 23 Jan 2023 13:15:35 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/01/P1132914.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/01/P1132914.jpg" alt="Un dernier projet et j'y vais..."><p>Pendant ma préparation pour le nouveau départ et sous l’impulsion de différentes personnes, je me suis lancé dans un petit projet éditorial pour faire découvrir la richesse insoupçonnée des milieux naturels guyanais durant la nuit via la publication d’un ouvrage photographique.</p><p>L’idée était de préparer le bouquin pendant la fin de l’année dernière et de lancer l’impression au moment où j’allais repartir.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/01/GN_mockup-2-ouvert22.jpg" class="kg-image" alt="Un dernier projet et j'y vais..."></figure><!--kg-card-end: image--><p>À l’origine assez confidentielle, l’idée a fait son chemin et plusieurs partenaires la soutiennent au point qu’elle a pris une toute autre ampleur. Cet engouement est grisant mais cela implique quelques modifications de mon planning initial. La professionnalisation du projet demande un investissement à temps plein : mise en page, rédaction, recherche de partenariats techniques, logistiques et financiers, traitement photo spécifique, organisation de l’impression, de la diffusion et de la distribution, montage d’une exposition pour la sortie de l’ouvrage en Guyane, <em>etc</em>.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/01/GN_mockup-2-ouvert25.jpg" class="kg-image" alt="Un dernier projet et j'y vais..."></figure><!--kg-card-end: image--><p>Vous le sentez le petit contre temps sédentaire ??</p><p>Au vu des délais d’édition, de fabrication et d’arrivée en Guyane, il est très probable que les ouvrages destinés à la Guyane arrivent sur le territoire en juin. Par conséquent, l’exposition et la sortie du livre doivent être prévues, ici, mi-juin à début-juillet.</p><p>Je pensais être sorti des sables mouvants guyanais mais quand j’en suis sorti, j’ai mis le pied dans un terrier de tatou…</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/01/GN_mockup-2-ouvert11.jpg" class="kg-image" alt="Un dernier projet et j'y vais..."></figure><!--kg-card-end: image--><p>Je reste donc ici encore quelques mois. Je vous avoue que ce choix a été assez douloureux. J’ai pris cette décision trois semaines avant le nouveau départ, tout était prêt, du destrier à mes caleçons et il m’a fallu quelques jours pour la digérer. Aujourd’hui, je suis ravi. Ce projet méritait vraiment cette implication totale et le peu de personnes du métier qui ont pu voir les premières ébauches ont été enthousiastes, ce qui est très rassurant.</p><p>Je suis aujourd’hui accompagné par des relecteurs pour la rédaction des textes, des graphistes pour la mise en pages, une illustratrice, un photographe pour le calibrage photo pour l’édition et un partenariat avec un diffuseur/distributeur en Guyane est en cours.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/01/GN_mockup-2-ouvert4.jpg" class="kg-image" alt="Un dernier projet et j'y vais..."></figure><!--kg-card-end: image--><p>Il reste environ 20% de travail avant l’impression : un peu de boulot de mise en page, de prospection pour la diffusion en métropole, de finalisation des textes et de recherche de financements. Sur ce dernier point, je vais lancer dans les prochains jours un financement participatif pour boucler le budget. Pour information, l’État <em>via</em> ses services déconcentrés de Guyane et la Parc amazonien de Guyane soutiennent déjà le projet à hauteur des 2/3 du budget.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/01/GN_mockup-ouvert2.jpg" class="kg-image" alt="Un dernier projet et j'y vais..."></figure><!--kg-card-end: image--><p>Le nouveau départ n’est donc pas pour tout de suite. On va dire que je prends encore un peu d’élan…</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2023/01/GN_mockup-2-ouvert99-1.jpg" class="kg-image" alt="Un dernier projet et j'y vais..."></figure><!--kg-card-end: image-->]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Trois années de halte et un nouveau départ ?]]></title><description><![CDATA[<p>J’ose y croire mais j’en parle tout bas, histoire de ne pas attirer l’attention d’un destin taquin. C’est vrai qu’il doit bien se marrer : 3 ans de halte pour un voyage qui devait en durer 4…</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/DJI_0455.JPG" class="kg-image"><figcaption>Lac de Petit-Saut</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>« Globalement », la crise sanitaire est</p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/trois-annees-de-halte-et-un-nouveau-depart/</link><guid isPermaLink="false">639b124ab211b80001f32149</guid><category><![CDATA[Généralités]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Thu, 15 Dec 2022 12:47:15 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/P1131586-1--1.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/P1131586-1--1.jpg" alt="Trois années de halte et un nouveau départ ?"><p>J’ose y croire mais j’en parle tout bas, histoire de ne pas attirer l’attention d’un destin taquin. C’est vrai qu’il doit bien se marrer : 3 ans de halte pour un voyage qui devait en durer 4…</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/DJI_0455.JPG" class="kg-image" alt="Trois années de halte et un nouveau départ ?"><figcaption>Lac de Petit-Saut</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>« Globalement », la crise sanitaire est beaucoup moins prégnante ces derniers mois et j’ai pu envisager un nouveau départ pour poursuivre le périple. J’ai pris congé de mon poste au Conservatoire d’espaces naturels de Guyane début novembre et, depuis, je me prépare au nomadisme. Au programme :</p><p>·        optimisation du matériel suite au retour des premiers milliers de kilomètres effectués en Europe et en Afrique : installation de sacoches plus volumineuses, gros taf de couture pour mieux organiser mon tétris de matos dans chaque sacoche, montage de pneus plus fins pour limiter les frottements, réorganisation des portes-gourdes et autres supports sur le vélo, changement des pièces usées, <em>etc </em>;</p><!--kg-card-begin: gallery--><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/20221111_174322-1--1.jpg" width="4032" height="3024" alt="Trois années de halte et un nouveau départ ?"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/20221215_093656-1-.jpg" width="4032" height="3024" alt="Trois années de halte et un nouveau départ ?"></div></div></div><figcaption>Un peu de couture</figcaption></figure><!--kg-card-end: gallery--><p>·        préparation logistique de la suite du voyage : prise de contacts avec des stations de recherches en écologie tropicale et autres personnes ressources disséminées sur la route, recherche sur les spécificités administratives des prochains pays ;</p><p>·        finalisation des projets et des tâches en cours, ici, en Guyane : petits périples dans des endroits magiques où je n’avais pas encore mis les pieds et surtout lancement d’un gros projet photographique dont je vous parlerai plus en détail prochainement.</p><p>Le nouveau départ est prévu en janvier. Mon esprit et mes préoccupations commencent à muter vers des considérations d’itinérant et je regarde déjà mélancoliquement la Guyane. Je ne pouvais pas mieux tomber comme destination de confinement, comme si l’on enfermait un enfant dans un magasin de jouets. Près de 300 espèces observées pour environ 4 000 données naturalistes enregistrées. Même si le nomadisme n’a pas été assuré durant ce drôle de moment, l’aspect naturaliste du voyage a, quant à lui, été plus qu’atteint ! Un festival !</p><!--kg-card-begin: gallery--><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/_1128428-1-.jpg" width="2592" height="1944" alt="Trois années de halte et un nouveau départ ?"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/P1130017-1-.jpg" width="1944" height="2592" alt="Trois années de halte et un nouveau départ ?"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/P1131586-1-.jpg" width="2592" height="1944" alt="Trois années de halte et un nouveau départ ?"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/P1131834-1-.jpg" width="2329" height="1456" alt="Trois années de halte et un nouveau départ ?"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/P1131961-1-.jpg" width="2505" height="1566" alt="Trois années de halte et un nouveau départ ?"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/P1132016-1-.jpg" width="2592" height="1944" alt="Trois années de halte et un nouveau départ ?"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2022/12/P1130190-1-.jpg" width="1426" height="1902" alt="Trois années de halte et un nouveau départ ?"></div></div></div></figure><!--kg-card-end: gallery--><p>La Guyane m’a accueilli à bras ouverts et m’a permis de vivre des moments uniques qu’ils soient professionnels, humains et naturalistes. Ce fut bien plus qu’une étape, elle a été une école, un salon, une scène, un restaurant, un bureau, une chambre et un temple. J’éprouve une émotion complexe, un mélange de gratitude, de mélancolie et d’excitation. Une page se tourne.</p><p>Les prochains articles reprendront le récit du périple depuis le Sahara où je vous avais laissé (un peu de retard, certes…) jusqu’à aujourd’hui.</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Frustration versus opportunité, encore plus fort !]]></title><description><![CDATA[<p>En juillet dernier, je vous partageais mes sensations contrastées entre la frustration de ne plus pouvoir nomader et l’incroyable opportunité de travailler au CNRS pour une station de recherche en écologie au cœur de la forêt tropicale sans aucune activité humaine. Eh bien, aujourd’hui, c’est encore mieux/</p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/frustration-et-opportunites-nouvelle-version/</link><guid isPermaLink="false">605f2b0bdf60540001ba258f</guid><category><![CDATA[Généralités]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Sat, 27 Mar 2021 19:03:50 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1107888.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1107888.jpg" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"><p>En juillet dernier, je vous partageais mes sensations contrastées entre la frustration de ne plus pouvoir nomader et l’incroyable opportunité de travailler au CNRS pour une station de recherche en écologie au cœur de la forêt tropicale sans aucune activité humaine. Eh bien, aujourd’hui, c’est encore mieux/pire !</p><p><strong><em>Petit retour sur ces derniers mois</em></strong></p><p>Depuis septembre, j’ai agrémenté mon quotidien d’un taf salarié à plein temps… J’ai remplacé ma selle pour un fauteuil de bureau, mon vélo et mes sacoches ont pleuré fort. J’ai travaillé au sein du Laboratoire Ecologie, Evolution, Interactions des Systèmes amazoniens, une unité de recherche mixte CNRS/IFREMER/Université de Guyane. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-width-full"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/PANO_INSELBERG2.jpg" class="kg-image" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Mes missions pour la station de recherche perdue dans la forêt : gestion administrative et financière (ça, c’est de la balle…), optimisation logistique, un peu de communication et puis aussi, soutien à l’équipe sur la station en forêt. Autant dire que cette dernière mission avait un parfum légèrement différent de celui des deux autres. Un parfum d’humus, de champignons (ou plutôt de mycoses), de <em>terra incognita</em>. Je suis monté sur la station à trois reprises <em>via</em> la route, le fleuve et les airs ! Au total, près de trois semaines perché dans un écosystème amazonien quasiment intouché par l’homme moderne. Splendide et opulent !</p><!--kg-card-begin: gallery--><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1118876.jpg" width="2592" height="1458" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1119178.jpg" width="2246" height="1264" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1107700.jpg" width="2592" height="1458" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1107824.jpg" width="1205" height="678" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1108051.jpg" width="2537" height="1427" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1121454.jpg" width="1566" height="2088" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1121841.jpg" width="2511" height="1884" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1121275.jpg" width="2492" height="1402" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div></div></div><figcaption>Du haut à gauche vers le bas à droite : En route aérienne vers la station ; le Dendrobate à tapirer, une des fameuse grenouille venimeuses d'Amazonie (<em>Dendrobates tinctorius</em>); le carbet stockage du camp Inselberg de la Station des Nouragues; l'Atelope jaunâtre, espèce endémique de Guyane (<em>Atelopus flavescens</em>); posé face à l'océan vert sur l'Inselberg; le si beau Sibon nébuleux (<em>Sibon nebulata</em>); la Grenouille lichen avec ses pustules et l'intérieur de ses cuisses bleu klein ! (<em>Osteocephalus cabrerai</em>); l'attendrissante Grenouille de verre à points jaunes (<em>Teratohyla midas</em>).</figcaption></figure><!--kg-card-end: gallery--><p>Cette période a également été l’occasion d’améliorer mes connaissances naturalistes tropicales en sillonnant la Guyane et en vadrouillant même dans des sites naturels encore peu connus. Avec mon acolyte Allan, colocataire et interne en médecine, nous nous sommes volontairement « perdus » une semaine au sommet d’un relief quasiment inconnu écologiquement. Une semaine de pluie tropicale…Logistiquement pas simple mais naturalistement et humainement unique ! Découverte d’une mare avec des milliers de grenouilles, observation de dizaines d’espèces dont certaines très rares, superbe expérience de vie sauvage. De retour à Cayenne, on avait perdu du poids, de l’énergie, de l’espace sur nos cartes mémoires mais on avait gagné des souvenirs intenses, des photos incroyables et des maladies de peaux inconnues : ultime !</p><!--kg-card-begin: gallery--><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1119283.jpg" width="2204" height="1377" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1119369.jpg" width="2592" height="1458" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1119487.jpg" width="2592" height="1620" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1119507.jpg" width="2403" height="1502" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1119473.jpg" width="2275" height="1707" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1119450.jpg" width="2379" height="1487" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div></div></div><figcaption>Du haut à gauche vers le bas à droite : l'Allobate fémoral avec ses têtards sur le dos ! (<em>Allobates femoralis</em>); la Rainette coriace (<em>Trachycephalus coriaceus</em>); le Scinax à oeil rouge (<em>Scinax sp. 2</em>); le Scinax proboscidien (<em>Scinax proboscideus</em>); le mythique Crapaud cornu (<em>Ceratophrys cornuta</em>); le très rare Grage orangé (<em>Bothrops oligobalius</em>).</figcaption></figure><!--kg-card-end: gallery--><p><strong><em>Et maintenant</em></strong></p><p>Un an. Je devais rester un mois en Guyane et ça fait un an que j’y tourne. Mon approche et mes routines nomades se sont transformées insidieusement en préoccupations sédentaires : taf, sociabilisation, courses, lessive, vaisselle… J’ai espéré, à la fin de l’année dernière, que cette parenthèse figée cesserait en mars, à la fin de mon contrat et que je pourrais départir à nouveau. Mon vélo était rutilant et mes sacoches lustrées… </p><!--kg-card-begin: gallery--><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1104540.jpg" width="2592" height="1458" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1104713-4.jpg" width="1014" height="1803" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1120854.jpg" width="1564" height="1564" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1059633.jpg" width="2592" height="1458" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1108635.jpg" width="2104" height="1578" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1120605.jpg" width="2592" height="1944" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1121932.jpg" width="2592" height="1944" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1105842.jpg" width="873" height="1551" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></div></div></div><figcaption>Du haut à gauche vers le bas à droite : rando forestière avec les copains ; le Singe hurleur roux (<em>Alouatta seniculus</em>); la transparence de la Grenouille de verre ponctuée et de ses pontes n'est pas un mythe (<em>Hyalinobatrachium cappelei</em>); ambiance nocturne sur une savane roche ; il faut un peu de temps pour comprendre que la feuille jaune n'est pas une feuille...; larves massives du Megasoma (<em>Megasoma actaeon</em>) ; la Rainette ponctuée planquée dans une feuille d'Héliconia (<em>Boana punctata</em>); le Colibri le plus beau de Guyane : le Coquette huppe-col (<em>Lophornis ornatus</em>)</figcaption></figure><!--kg-card-end: gallery--><p>La situation sanitaire en Amérique du sud reste malheureusement critique et j’ai dû revoir mon planning. J’ai replié mes sacoches non sans mal et cherché une activité qui me permette de garantir financièrement la suite du périple et de m’épanouir autrement qu’en voyageant à vélo autour du monde… Eh bien, j’ai trouvé… Je viens d’être embauché comme directeur du Conservatoire d’Espaces Naturels de Guyane !</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2021/03/_1106434.jpg" class="kg-image" alt="Frustration versus opportunité, encore plus fort !"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Je suis tout fébrile et proche comme jamais de la bipolarité… Frustré comme un gamin à qui l’on interdit de sortir dehors alors qu’il neige et que tous ses copains s’enjaillent dans la poudreuse et ravi comme un fan de Johnny à qui on offre une Harley.</p><p>Je suis encore guyanais pour un moment mais cette période reste une halte dans cette aventure nomade.</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe]]></title><description><![CDATA[<p>Je vous laissais, dans le dernier article, au milieu du désert du Sahara où les pneus de mon destrier fondaient sur la piste mauritanienne. Avant de continuer ce récit et de vous faire découvrir la richesse incroyable de la suite du périple, je tenais à vous faire part de la</p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/covid-19-et-naturaliste-nomade-entre-frustration-decourageante-et-opportunite/</link><guid isPermaLink="false">5f06117fdf60540001ba239f</guid><category><![CDATA[Généralités]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Thu, 23 Jul 2020 13:01:47 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1071921.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1071921.jpg" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"><p>Je vous laissais, dans le dernier article, au milieu du désert du Sahara où les pneus de mon destrier fondaient sur la piste mauritanienne. Avant de continuer ce récit et de vous faire découvrir la richesse incroyable de la suite du périple, je tenais à vous faire part de la situation du projet Naturaliste nomade dans ce contexte de pandémie.</p><p>Suite à la traversée du Sahara, du Sénégal, de l'Atlantique à la voile et d'une escale en Martinique, je suis arrivé en Guyane française en février dernier, juste avant la pandémie. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1073372.jpg" class="kg-image" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"><figcaption>Forêt tropicale de Guyane (Montagne des singes - Kourou)</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Le confinement ne m'a pas permis de poursuivre le voyage comme prévu et je suis resté sédentaire dans une colocation aux environs de Cayenne. Depuis le déconfinement, la situation sanitaire en Guyane est très précaire avec une augmentation exponentielle du nombre avéré de cas de COVID. Il en est de même dans le reste de l'Amérique du sud avec des contextes aggravés, notamment au Brésil qui est ma prochaine destination. Je ne pourrais repartir que lorsque cette crise sera apaisée.</p><p>Cette situation est frustrante et certains moments ont été compliqués à gérer, notamment lors du déconfinement. Tous ont repris leurs activités, leur quotidien. Moi, non. Mon activité, mon quotidien, c'est le nomadisme, la route, le mouvement, mais les frontières me sont fermées. Je suis figé dans cette maison, dans une chambre, sous un toit en tôle où la canicule journalière prend le relais du vacarme de la pluie pour m'empêcher de me reposer.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/20200714_101724.jpg" class="kg-image" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"><figcaption>Ma chambre-sauna, mes sacoches</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Je suis bloqué mais je suis en Guyane ! La Guyane, avec sa centaine d'espèces de serpents, de grenouilles, de chauves-souris, son jaguar, ses singes, sa jungle, ses oiseaux de carnaval. 4 mois que je suis ici et déjà plus d'une centaine d'espèces observée dont des grenouilles mythiques, de splendides serpents et des oiseaux improbables. Mes cartes mémoires sont bombées de clichés inespérés.</p><!--kg-card-begin: gallery--><figure class="kg-card kg-gallery-card kg-width-wide kg-card-hascaption"><div class="kg-gallery-container"><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1104573.jpg" width="958" height="1703" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1104768.jpg" width="1421" height="2592" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1058769.jpg" width="1094" height="1944" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1058957.jpg" width="1577" height="887" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1059099.jpg" width="926" height="1646" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1070984.jpg" width="1944" height="1944" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"></div></div><div class="kg-gallery-row"><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1103560.jpg" width="1591" height="895" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1105010-1.jpg" width="1925" height="1083" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"></div><div class="kg-gallery-image"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1105117.jpg" width="2592" height="1458" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"></div></div></div><figcaption>J'en ai 300 des comme ça ! Merci la Guyane !</figcaption></figure><!--kg-card-end: gallery--><p>Etant donné que les frontières guyanaises ne sont pas près prêtes de s'ouvrir, j'ai cherché une activité pour passer le temps et j'ai trouvé un poste inouï. Je viens juste d'être recruté comme gestionnaire de la <a href="https://www.nouragues.cnrs.fr/">station de recherche CNRS des Nouragues</a> ! Un site enseveli dans la jungle profonde, où l'accès se fait uniquement par les airs, en hélicoptère, ou par les rivières, en pirogues. Le site, situé au cœur de la <a href="http://www.nouragues.fr/">Réserve naturelle des Nouragues</a>, n'est pas ouvert au public. Seule une poignée de chercheurs internationaux peut y avoir accès. Je commence en septembre pour une mission de six mois.  Même si je serai basé à Cayenne, j'aurais très probablement l'opportunité d'aller sur site dans le cadre de mes fonctions. Je vais rencontrer des scientifiques de tous horizons, des spécialistes des araignées aux experts des plantes carnivores, des chercheurs en entomologie aux gourous des toucans ! Et peut-être que cela va m'ouvrir des portes pour la suite de mon voyage autour de la planète à la découverte de sa biodiversité.</p><p>La crise mondiale s’avère complexe pour le projet, je suis frustré par l'immobilité mais ravi par les opportunités.</p><p>Prochainement, la suite du récit. Je vous laisse, j'ai des grenouilles arboricoles à rencontrer.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/07/_1059645.jpg" class="kg-image" alt="Covid 19 et Naturaliste nomade : entre frustration décourageante et opportunité inouïe"><figcaption>La nuit sur un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Inselberg">inselberg</a> guyanais</figcaption></figure><!--kg-card-end: image-->]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Chapitre 6 - Le Sahara, une épreuve]]></title><description><![CDATA[Dormir sur les toits de Nouadhibou, subir des tempêtes de sables, rouler des centaines de kilomètres dans un four...
Bienvenue dans le Sahara !]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/le-sahara-l-epreuve/</link><guid isPermaLink="false">5e8c88dbd5aa0b0001136182</guid><category><![CDATA[Résumés des dernières étapes]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Thu, 07 May 2020 14:47:04 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1023922.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1023922.jpg" alt="Chapitre 6 - Le Sahara, une épreuve"><p>Le moteur du bus vrombit depuis des heures, ses amortisseurs fatigués transmettent à la carlingue bruits et secousses. Pourtant, la scène extérieure est immuable : sables, rocailles, dunes, rocailles, sables, sables, dunes, rocailles… Nous traversons le nord du Sahara au sud du Maroc.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/carte-blog-MAURITANIE.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 6 - Le Sahara, une épreuve"></figure><!--kg-card-end: image--><p>La climatisation annihile la réalité de l’enfer caniculaire qui se trouve juste derrière la vitre, à quelques centimètres de mon visage. Cependant, je devine l’intensité de ces conditions extrêmes en regardant les rideaux de brumes de chaleurs ondulant au-dessus de la route. C’est amusant jusqu’au moment où je prends conscience que bientôt, je ne serai plus protégé par cette caisse réfrigérée. Je vais devoir non seulement résister à une chaleur implacable, mais également au vent, au sable et à la sécheresse qui l’accompagnent. Je vais traverser plus de 700 km de Sahara à vélo… Je sue malgré la clim…</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191103_102218-1.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 6 - Le Sahara, une épreuve"><figcaption>Intensité</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Les vibrations et le volume du bruit diminuent, nous nous arrêtons. Nous sommes au poste-frontière marocain. Submergé par l’intensité lumineuse et thermique à la descente du bus, j’ai du mal à comprendre ce que je dois faire des sacoches et du vélo au milieu de ce foisonnement de véhicules en tous genres. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191102_145727.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 6 - Le Sahara, une épreuve"><figcaption>Heu... C'est où la suite du voyage SVP ?</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Un préposé aux bagages, très sympathique, m’informe de la démarche à suivre, me désigne les différents postes de douanes et de polices, fait des blagues. Vraiment très sympa. Mais il parle arabe. Je ne comprends strictement rien. Il prend mon vélo, charge les sacoches sur une charrette et trace vers la Mauritanie. Je le suis. Les douaniers marocains m’interpellent, ils doivent contrôler mon passeport. À droite, les douaniers qui prennent mon passeport, se le passent entre eux, discutent... À  gauche, le bagagiste qui file vers la Mauritanie avec TOUT ce que j’ai, excepté le passeport. Je finis par récupérer le document et cours vers le bagagiste. Il ne faut pas courir à une frontière... C’est très suspect... Un douanier me voit, me contrôle de nouveau et me tape la discute, je stresse de voir s’évanouir ma « tiny house bike » dans cette cour des miracles automobile. Heureusement, je perçois le bagagiste s’arrêter à l’arrière d’un minibus, sûrement celui que je dois prendre pour traverser le No man’s land sahraoui et rejoindre Nouadhibou. Je re récupère mon passeport, rejoins le minibus, charge le vélo sur le toit, tasse les sacoches dans le coffre, m’assieds à l’arrière et souffle.</p><!--kg-card-begin: embed--><figure class="kg-card kg-embed-card kg-card-hascaption"><iframe width="100%" height="400" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F792990511&show_artwork=true"></iframe><figcaption>Dialogue entre mes deux voisines du bus. (Vous remarquerez mon destrier sur le toit...)</figcaption></figure><!--kg-card-end: embed--><p>Nous traversons alors le No man’s land. Il s’agit d’une zone démilitarisée de 5 km entre les postes-frontière marocain et mauritanien, établie suite au cessez-le-feu de 1991 entre les autorités marocaines et le Front Polisario, mouvement politique armé indépendantiste sahraoui. Au vu des trafics qui s’y déroulent, la zone est surnommée « Kandahar » en référence à la ville afghane. Traverser cette zone n’est pas des plus rassurant : panneaux mentionnant la présence de mines, des centaines de carcasses de voitures et de camions, piste défoncée… </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/05/20191102_150929@0-25x.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 6 - Le Sahara, une épreuve"><figcaption>Sympa les paysages désertiques : calme, pureté, nature extrême</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Silence pesant dans le minibus jusqu’à ce qu’on retrouve du bitume sablonneux sur le sol mauritanien.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191102_152858.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 6 - Le Sahara, une épreuve"><figcaption>Chez les douaniers Mauritaniens (avec sticker de l'amfifanfare à trouver...)</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Après les formalités au poste-frontière et un thé offert par les douaniers (!), nous continuons notre trajet sur la route ridée et arrivons enfin à Nouadhibou, capitale économique mauritanienne. L’ami d’un ami d’une amie (…) doit m’héberger. La situation est plus complexe que prévu, je vais finalement dormir sur le toit d’un immeuble avec vue sur toute la ville. Je n’aurais pas pu trouver un meilleur squat pour ma première nuit en Mauritanie.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/05/_1023911.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 6 - Le Sahara, une épreuve"><figcaption>Bivouac improbable sur les toits de Nouadhibou</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Il est 6h05 et il est déjà grand temps de prendre la route pour avaler un maximum de kilomètres avant que la température ne me fasse flancher. Les premiers kilomètres dans le Sahara ! Pas de lyrisme, c’est la guerre dès les premiers mètres. Chaleur intense, vents de face, rafales de sables, aucune ombre et les bidons d’eau qui se vident tellement vite que j’ai l’impression qu’ils fuient. La première journée est harassante. Seule perspective qui me motive : trouver le pied d’une dune pour m’accueillir, y monter la tente et dormir au milieu du Sahara, évènement fantasmé depuis le début de la préparation de cette épopée. Le soleil décroît avec la température et une brèche dans le massif dunaire qui longe la route me laisse espérer un bel hébergement. C’est le cas. Je roule tant bien que mal à travers cette ouverture vers un massif sableux relativement plat. Je m’installe et reste béat quelques minutes en contemplant mon bivouac et son environnement : j’y suis. Un magnifique<a href="https://ebird.org/species/blawhe1?siteLanguage=fr"> Traquet rieur</a> d’un noir intense, intrigué par cette scène inédite, se pose à deux mètres de moi, décolle, virevolte et se repose sur une pierre à un mètre de distance. Je me demande si je ne rêve pas et j’ai l’impression qu’il fait de même. Il finit par m’abandonner à la belle nuit qui m’attend. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191103_174940.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 6 - Le Sahara, une épreuve"><figcaption>Premier bivouac sahraoui</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Le sourire bien accroché, je me prépare à ce moment inoubliable. Il l’est en effet. D’abord, bien entendu, pour la symbolique qu’il représente, mais également à cause de la tempête de sable qui s’abat sur mon abri de fortune. Malgré la fermeture de la tente et la mise en place du double toit, chaque assaut venteux ensemence l’intérieur de la tente avec des paquets de sables. Le vent passe sous le double toit et la moustiquaire sert de tamis. Tous les grains de sable de diamètre inférieur à celui de la trame de la moustiquaire pénètrent dans la tente sous forme d’une douce pluie. Après un certain temps à réfléchir comment lutter, la fatigue me terrasse et je me couche, exténué. Alors, la tête collée à l’extrémité de la tente pour éviter de finir les poumons ensablés, je passe la nuit, bercé par le bruit de cette pluie poussiéreuse. Au petit matin, je me réveille à moitié enseveli comme une antiquité égyptienne dans sa niche inviolée. Je m’ébroue et reprends la route.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/05/20191104_054927b.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 6 - Le Sahara, une épreuve"><figcaption>Parfois, certains évènements vous poussent à réaliser ce que vous retardez depuis longtemps. Ici, le ménage.</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191104_055010.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 6 - Le Sahara, une épreuve"><figcaption>Ok, je rentrerai mes pompes dans la tente demain soir.</figcaption></figure><!--kg-card-end: image-->]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Chapitre 5 - Le Maroc des terres, le Maroc magnifique]]></title><description><![CDATA[<p>Je laisse Yassine. Je pars vers Marrakech et bientôt, la « route déchetterie » mue, s’ébroue et les horribles déchets se font de plus en plus rares. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/Plan-de-travail-1-2.png" class="kg-image"></figure><!--kg-card-end: image--><p> Les paysages s’ocrent, se naturalisent, se plissent. Les cuisses souffrent autant que les yeux se ravissent. Je bivouaque dans des sites splendides, mon</p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/maroc-des-terres/</link><guid isPermaLink="false">5e88e993d5aa0b00011360a8</guid><category><![CDATA[Résumés des dernières étapes]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Wed, 29 Apr 2020 12:30:37 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191023_080347.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191023_080347.jpg" alt="Chapitre 5 - Le Maroc des terres, le Maroc magnifique"><p>Je laisse Yassine. Je pars vers Marrakech et bientôt, la « route déchetterie » mue, s’ébroue et les horribles déchets se font de plus en plus rares. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/Plan-de-travail-1-2.png" class="kg-image" alt="Chapitre 5 - Le Maroc des terres, le Maroc magnifique"></figure><!--kg-card-end: image--><p> Les paysages s’ocrent, se naturalisent, se plissent. Les cuisses souffrent autant que les yeux se ravissent. Je bivouaque dans des sites splendides, mon sommeil est serein, les réveils inoubliables. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1023712.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 5 - Le Maroc des terres, le Maroc magnifique"><figcaption>Réveil inspirant</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1023706.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 5 - Le Maroc des terres, le Maroc magnifique"><figcaption>La tente est le petit confetti marron en haut à droite.</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Lorsque de rares pluies diluviennes s’abattent sur mon chemin, c’est une ferme abandonnée en adobe qui m’accueille. J’y squatte plus longtemps que le déluge ne dure. Je m’y sens bien. Les murs en terre crue sont enveloppants, je m’installe, je me repose, je mange, je joue du cornet, j’ai envie de rester là. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191022_143715.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 5 - Le Maroc des terres, le Maroc magnifique"><figcaption>Mon abri de fortune</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191022_142539.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 5 - Le Maroc des terres, le Maroc magnifique"><figcaption>Mon activité de fortune</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>En plus des bouffées de doute que j’expérimente depuis le début du voyage, je ressens de plus en plus souvent une effervescence de joie, de sérénité et d’épanouissement. Comme si ça ne suffisait pas, de petites pépites étincellent sur le bord des routes. Des dizaines de Pie-grièches grises (<em>Lanius excubitor</em>) et une jolie Chouette chevêche (<em>Athene noctua</em>) pausent et me regardent avec dédain, sans complexes, du haut de leurs 20 cm... </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1023762-1.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 5 - Le Maroc des terres, le Maroc magnifique"><figcaption>Chouette chevêche (Athene noctua) sur le bord de la route</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Un petit tour à la réserve de Rmila pour observer des gazelles dorcas (<em>Gazella dorcas</em>) et j’arrive dans la capitale touristique du Maroc.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1023879.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 5 - Le Maroc des terres, le Maroc magnifique"><figcaption>Gazelle dorcas (Gazella dorcas)</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Une amie arrive de France pour m’accompagner une semaine dans cette ville unique. Nous logeons dans la médina de Marrakech, un véritable labyrinthe. Les ruelles sont nombreuses, sombres, de largeurs différentes, les étals du côté droit des ruelles peuvent empiéter sur la moitié de celles-ci, ceux de gauche idem… L’effet de désorientation est encore accru par la suractivité des commerçants et des livreurs. Drôle d’expérience. Même si certaines œuvres architecturales sont splendides, l’exploration de la ville laisse un arrière-goût de faux, de toc : tourisme de masse oblige.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191028_124747.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 5 - Le Maroc des terres, le Maroc magnifique"><figcaption>Plafond du Palais de la Bahia (pas très droit, mais très joli...)</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Première entorse au concept de ce voyage, je vais prendre le bus, et pour 1 000km. Un équipage m’attend début décembre au Cap Vert pour la traversée de l'Atlantique à la voile et je n’ai pas le temps d’assurer la distance qui me sépare de Dakar (Port pour le Cap Vert) uniquement en vélo. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191030_160102@0-25x.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 5 - Le Maroc des terres, le Maroc magnifique"><figcaption>Pas besoin de démonter le vélo, toujours ça de pris...</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Je rejoins alors Nouadhibou en Mauritanie depuis Marrakech <em>via </em>Dakhla, ville sahraouie marocaine à la frontière Maroc/Mauritanie. La dernière rencontre marquante de mon passage au Maroc : Mohammed et Mohammed.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1023894.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 5 - Le Maroc des terres, le Maroc magnifique"><figcaption>Un des deux Mohammed, mes généreux hôtes berbères&nbsp;</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Ce sont deux amis qui travaillent dans l’administration de la Région. Passionnants, ils symbolisent ce qu’est ce territoire, un mélange confessionnel, culturel et linguistique. Ils ont du sang Sahraoui, arabe, berbère. Je passe une dernière nuit avec eux au milieu du désert sous une tente berbère à l’ancienne. Le repas est cuit sur le feu et le thé boue constamment sur une poignée de charbon rougeoyant. L’amazighe est une langue très mélodique et très belle, d’autant plus lorsqu’elle est émaillée de rires inopinés. </p><!--kg-card-begin: embed--><figure class="kg-card kg-embed-card kg-card-hascaption"><iframe width="100%" height="400" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F790950283&show_artwork=true&in=florent-pouzet%2Fsets%2Fnaturaliste-nomade"></iframe><figcaption>Mohammed souffle sur le charbon sous la théière</figcaption></figure><!--kg-card-end: embed--><p>Mohammed m’accompagne au bus et m’offre son chech (écharpe indispensable dans le désert qui protège du vent, du sable et de la chaleur). Je monte dans le bus, ému. Je regarde une dernière fois vers l’arrière et salue Mohammed. Je m’endors. Quand j’ouvrirai les yeux, je serai devant les portes de la Mauritanie.</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Chapitre 4 - Le nord du Maroc, l’accueil musulman n’est pas un mythe]]></title><description><![CDATA[<p>Même si culturellement, le nord du Maroc est radicalement différent du sud de l’Espagne, les écosystèmes, eux, sont similaires. La transition paysagère est donc très douce, si ce n’est l’apparition d’une population nombreuse et enthousiaste sur le bord des routes, d’une architecture rudimentaire et d’</p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/le-nord-du-maroc-laccueil-musulman-nest-pas-un-mythe/</link><guid isPermaLink="false">5e88e76ed5aa0b0001136076</guid><category><![CDATA[Résumés des dernières étapes]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Wed, 22 Apr 2020 12:56:48 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191021_092516.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191021_092516.jpg" alt="Chapitre 4 - Le nord du Maroc, l’accueil musulman n’est pas un mythe"><p>Même si culturellement, le nord du Maroc est radicalement différent du sud de l’Espagne, les écosystèmes, eux, sont similaires. La transition paysagère est donc très douce, si ce n’est l’apparition d’une population nombreuse et enthousiaste sur le bord des routes, d’une architecture rudimentaire et d’une pollution plastique omniprésente.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/Plan-de-travail-1-1.png" class="kg-image" alt="Chapitre 4 - Le nord du Maroc, l’accueil musulman n’est pas un mythe"></figure><!--kg-card-end: image--><p>L’absence d’organisation de la collecte des déchets couplée à la non-éducation à l’environnement fait des ravages. Pendant plusieurs centaines de kilomètres à pédaler dans le nord du Maroc, je n’ai pas vu cinq mètres de bas-côtés consécutifs sans déchets. Le champ de vision systématiquement pollué, la route devient pesante. L’odorat n’est pas en reste puisque certains tentent de remédier à ce problème en brûlant les déchets. Ce n’est donc pas sur la route que le nord du Maroc me marque.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191009_115054.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 4 - Le nord du Maroc, l’accueil musulman n’est pas un mythe"><figcaption>Derniers aperçus de la côte européenne depuis le Maroc</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Je rencontre Youssef via le réseau Couch Surfing à Larrache (c’est bien le nom de la ville…). Comédien et musicien prometteur, il fait partie d’une nouvelle génération de Marocains à vouloir s’émanciper de certains archaïsmes de la société. Il organise des festivals de théâtre et participe à la mise en place d’école de musique, de centres culturels. Je l’accompagne dans les ruelles étroites du centre-ville jusqu’au cœur de la médina. Un magnifique bâtiment blanc et indigo semblable à l’image d’Épinal de Chefchaouen a été réhabilité en centre culturel. C’est tout d’abord le type de population qui fréquente l’établissement qui étonne : des jeunes, des vieux, des garçons, des filles, des travailleurs et ouvriers, une classe sociale loin de celle qui côtoie les centres culturels occidentaux. </p><p>À gauche, un concert de musique traditionnelle Gnawa, puis une salle de jeux, à l’étage, une exposition de peinture d’artistes locaux talentueux, sur le toit, un bar bondé. </p><!--kg-card-begin: embed--><figure class="kg-card kg-embed-card kg-card-hascaption"><iframe width="100%" height="400" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F792990466&show_artwork=true&in=florent-pouzet%2Fsets%2Fs8-voyage-autour-du-monde%2Fs-DWBEyEK6nTu"></iframe><figcaption>Petit concert improvisé dans une salle du centre culturel</figcaption></figure><!--kg-card-end: embed--><p>Youssef s’installe dans une alcôve et est rejoint par deux amis, ils vont répéter une dizaine de compositions : chant, guitare, cajon. Je les remercie et les laisse à leur art. </p><!--kg-card-begin: embed--><figure class="kg-card kg-embed-card kg-card-hascaption"><iframe width="100%" height="400" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F792990430&show_artwork=true&in=florent-pouzet%2Fsets%2Fs8-voyage-autour-du-monde%2Fs-DWBEyEK6nTu"></iframe><figcaption>Youssef et son groupe en répétition</figcaption></figure><!--kg-card-end: embed--><p>Leur musique sera ma bande-son jusqu’à ce que je sorte du centre, harnache mes sacoches, mette mon casque, ajuste mes lunettes de soleil et décolle pour reprendre la route, toujours plus au sud.</p><p>En faisant jouer le réseau naturaliste et professionnel, je rencontre Yassine, ornithologue au sein d’un bureau d’études spécialisé dans l’expertise des milieux naturels. Après une sortie pour observer quelques oiseaux dans la lagune de Moulay Bousselham, Yassine m’invite chez lui à Mohammedia. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1023589.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 4 - Le nord du Maroc, l’accueil musulman n’est pas un mythe"><figcaption>Ambiance dans l'estuaire de Moulay Bousselham</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><!--kg-card-begin: embed--><figure class="kg-card kg-embed-card kg-card-hascaption"><iframe width="100%" height="400" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F792990436&show_artwork=true"></iframe><figcaption>Yassine discute avec un vieux berger sur le bord de la lagune de Moulay Bousselham</figcaption></figure><!--kg-card-end: embed--><p>Il travaille toute la journée et doit partir en France une partie de la semaine. Il ne me laisse pas le choix et me donne une paire de clefs : « tu es ici chez toi. Je reviens en fin de semaine. Profite bien du Maroc ! ». Je passe une semaine à me plonger dans sa bibliothèque naturaliste et faire le point sur les kilomètres passés. </p><p>Ce temps de pause est salvateur. Je renoue avec les plaisirs de me faire des repas complets, couper des légumes sur des planches à découper, mettre une poêle et une casserole sur le feu simultanément. J’avoue que malgré la praticité de mon petit réchaud à essence, ma popotte et mon Victorinox, c’est peut-être une cuisine un minimum équipé qui me manque le plus. </p><!--kg-card-begin: embed--><figure class="kg-card kg-embed-card kg-card-hascaption"><iframe width="100%" height="400" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F790950292&show_artwork=true"></iframe><figcaption>Gnawas dans les rues de Mohammedia</figcaption></figure><!--kg-card-end: embed--><p>Yassine revient et nous n’aurons malheureusement pas l’occasion de refaire une sortie naturaliste ensemble, je dois rejoindre Marrakech dans les jours à venir à 280km soit quatre jours de pédalage. Je vais changer de cap et quitter les bords de l'Atlantique avec une urbanisation omniprésente pour entrer dans les terres marocaines, plus naturelles, plus sauvages.</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Chapitre 3 - Le coaltar de Gibraltar]]></title><description><![CDATA[<p>J’accompagne mon vélo dans la cale du ferry qui me fait quitter l’Europe pour l’Afrique. Je suis prêt pour cette nouvelle étape culturelle et environnementale. Mais il <em>semble </em>que les éléments ne daignent pas m’accorder si facilement l’accès à la terre d’Afrique.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/Plan-de-travail-1.png" class="kg-image"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Le bateau</p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/le-coaltar-de-gibraltar/</link><guid isPermaLink="false">5e88dfbed5aa0b0001136036</guid><category><![CDATA[Résumés des dernières étapes]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Mon, 13 Apr 2020 12:14:16 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191008_070055-2.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191008_070055-2.jpg" alt="Chapitre 3 - Le coaltar de Gibraltar"><p>J’accompagne mon vélo dans la cale du ferry qui me fait quitter l’Europe pour l’Afrique. Je suis prêt pour cette nouvelle étape culturelle et environnementale. Mais il <em>semble </em>que les éléments ne daignent pas m’accorder si facilement l’accès à la terre d’Afrique.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/Plan-de-travail-1.png" class="kg-image" alt="Chapitre 3 - Le coaltar de Gibraltar"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Le bateau encore à quai, installé sur le pont, je regarde déjà l’Espagne avec mélancolie. Mes pensées lyriques se font alors violenter par une annonce du capitaine, relayée par de crachotants haut-parleurs. Le bateau n’ira pas en Afrique, il restera même à quai. Le capitaine est avare de détails et nous enjoint à quitter le navire. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191008_070055-1.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 3 - Le coaltar de Gibraltar"><figcaption>Le Maroc Express restera à quai.</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Nous devrons prendre le suivant. Après quelques formalités administratives plutôt distrayantes, je rembarque sur un nouveau navire. Échaudé par la première expérience, je contrôle ses amarres et c’est seulement lorsqu’elles sont libérées du quai que je me laisse aller à divaguer mentalement et essayer de comprendre ce que je vis.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191008_083919-1.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 3 - Le coaltar de Gibraltar"><figcaption>Cette fois, on a largué les amarres !</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>La distance augmentant et l’apparition d’un voile d’embruns font évaporer la côte européenne. La côte africaine se rapproche et se découvre. Je trépigne… Mais je ne peux m’empêcher de faire le parallèle entre ma traversée de la méditerranée et celle, inverse, qu’entreprennent des milliers de personnes dans un contexte autrement moins enviable. Léger sentiment d’indécence.</p><p>Je pose les deux pieds, les deux roues au Maroc. Je suis en Afrique du nord, à moi les écosystèmes arides et la culture musulmane. Mais les éléments me rattrapent… encore… Le transport et l’utilisation de drone sont interdits au Maroc et les douaniers qui trouvent le mien dans mes bagages me le confisquent avec délectation. Ils auront un sujet de conversation pour au moins une semaine. D’après la douanière en chef, je n’ai pas à m’inquiéter, je le récupérerais quand je repasserais à ce poste à mon retour. Sauf que je ne reviens pas. Je leur propose de l’envoyer au poste-frontière côté Mauritanie : impossible. Seule solution : prendre un billet vers l’Espagne aujourd'hui, récupérer le drone auprès des douaniers, une fois en Espagne envoyer le drone en France, reprendre un billet vers le Maroc et repasser devant les gentils douaniers sans le drone…</p><ul><li>Prendre un billet vers l’Espagne ce jour : check. J’ai un billet pour une traversée retour dans 2h ;</li><li>récupérer le drone auprès des douaniers : che… ah non, pas check… Le drone aurait été amené à l’autre bout du port… Je roule à fond avec un gros vent de face, le temps tourne. Je demande la direction du fameux bureau détenteur de drone à un agent du port. Après m’avoir indiqué tout et son contraire, un de ses collègues m’interpelle et me demande de le suivre. Enfin, une info utile ? Pas vraiment, il est responsable du scanner anti-drogue, anti-arme, anti-migrant et veux que je passe le vélo au scanner ! Impossible de le raisonner (c’est un douanier). </li></ul><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191008_115047.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 3 - Le coaltar de Gibraltar"><figcaption>...</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Dépucelé du scanner, mon vélo, fier, m’emmène enfin au poste pour le drone. Le préposé, très gentil, m’offre mon premier thé d’une très longue série au Maroc. Le seul problème est qu’il n’a pas le drone… Le drone n’a pas bougé du poste douanier initial… Je retourne donc à fond vers ce dernier mais malgré ma course à la Lens Armstrong, je loupe le bateau. Je prends le suivant…</p><ul><li>arrivé en Espagne envoyer le drone en France : check ;</li><li>reprendre un billet vers le Maroc :check ;</li><li>repasser devant les gentils douaniers sans le drone… : check.</li></ul><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20191017_102947-2.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 3 - Le coaltar de Gibraltar"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Même si les éléments se liguent pour me ralentir, je finis enfin par faire mes premiers kilomètres au Maroc (délesté de quelques kilos et d’une centaine d’euros).</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Réserve de Biosphère #1 : le Parc National de Doñana]]></title><description><![CDATA[<p><em>Un des principaux fils rouges du voyage est d’explorer douze réserves de biosphère de l’UNESCO aux quatre coins de notre planète. Il s’agit de zones reconnues mondialement pour la richesse et l’originalité de leur biodiversité ainsi que leur rôle environnemental majeur.</em></p><p><em>Vous trouverez une présentation succincte</em></p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/reserve-de-biosphere-1-le-parc-national-de-d/</link><guid isPermaLink="false">5e8e2001d5aa0b0001136281</guid><category><![CDATA[Réserves de biosphère de l'UNESCO]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Thu, 09 Apr 2020 11:29:27 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_Donana_1.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_Donana_1.jpg" alt="Réserve de Biosphère #1 : le Parc National de Doñana"><p><em>Un des principaux fils rouges du voyage est d’explorer douze réserves de biosphère de l’UNESCO aux quatre coins de notre planète. Il s’agit de zones reconnues mondialement pour la richesse et l’originalité de leur biodiversité ainsi que leur rôle environnemental majeur.</em></p><p><em>Vous trouverez une présentation succincte de chaque réserve en cliquant sur les pictogrammes de l’UNESCO correspondants, sur la carte de la page d’accueil du site. Lorsque je visite une réserve, la présentation est amendée de nombreuses données écologiques, elle devient alors une fiche d’identité détaillée. C’est la partie scientifique et objective. En parallèle, je rédige mon vécu de l’exploration via un article dans le blog, c’est la partie subjective.</em></p><p><a href="http://www.naturaliste-nomade.fr/biosphere/espagne">Fiche détaillée de la Réserve de Biosphère de l’UNESCO : Parc national de Doñana</a></p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/carte-blog-DONANA.jpg" class="kg-image" alt="Réserve de Biosphère #1 : le Parc National de Doñana"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Cela fait quasiment un mois que je pédale. J’ai traversé des montagnes, des plaines, des zones arides, ou d’autres encore détrempées. Depuis le début du périple, je fantasme l’exploration du Parc de Doñana, première des douze Réserves de Biosphères de l’UNESCO que je vais visiter. Cette vaste zone humide ibérique, unique en Europe de par sa taille et son rôle écologique majeur, rassemble notamment jusqu’à 50 % des oiseaux hivernants en Espagne, soit plus de 500 000 animaux. À l’automne, elle constitue une halte migratoire de premier choix pour les oiseaux migrateurs européens. Elle accueille également le mythique Lynx ibérique et une diversité végétale incroyable (1 386 plantes !). Chaque jour qui me rapproche de cet écrin, j’imagine les rencontres naturalistes que je vais y vivre, je réfléchis à mon approche photographique, la mise en place d’affût photo, je prévois des interviews des gestionnaires. Surtout, je m’apprête à vivre un moment grandiose au milieu de nuées d’oiseaux plus belles et plus bruyantes les unes que les autres.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/20190927_115925.jpg" class="kg-image" alt="Réserve de Biosphère #1 : le Parc National de Doñana"><figcaption>Ça promet !</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Doñana est au sud de l’Andalousie. Cette année, l’été joue les prolongations et les 80 km entre Séville où j’escale et El Rocío, les portes du Parc, sont terribles : plus de 39°C sans ombre. Je lutte et je suis obnubilé par la verdure et la fraîcheur de cette zone humide promise. Cependant, je commence à douter. Je m’approche de plus en plus et les températures restent inchangées. Les plantes de bord de routes ne verdissent pas. J’arrive au camping d’El Rocío en fin de journée, fatigué et inquiet : la végétation herbacée est absente, seuls le sable et la poussière couvrent le sol. Je monte mon abri sur un emplacement désertique comme le reste du camping. Je peux juste espérer quelque ombre des pistachiers lentisques et des prunelliers rachitiques qui font office de haies entre les emplacements. </p><p>Bon, apparemment, on n’est pas dans une période très propice à la biodiversité… Il est tout de même peu probable que cette sécheresse sévisse sur l’ensemble du parc. Je vais bien trouver de jolis milieux naturels peuplés de jolis habitants. Je me lève tôt et pédale vers El Charco de la Boca, un très vaste étang au sud du bourg d’El Rocío pour me rassurer et observer les premiers oiseaux d’eau tant attendus. Je traverse le bourg et quelques garrigues, mais au bout de deux kilomètres, pas d’étang. Je n’ai pas dû prendre la bonne route, je vérifie mon GPS. Heu… Mon coéquipier cartographique m’annonce que j’ai dû passer devant sans faire attention… Je fais demi-tour et scrute les paysages à la recherche de miroirs bleus et de cris avicoles. Malheureusement, j’arrive dans le bourg sans avoir aperçu une seule petite mare ! Petite impression de vertige. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/DJI_0020@0-33x.jpg" class="kg-image" alt="Réserve de Biosphère #1 : le Parc National de Doñana"><figcaption>Ceci est un étang...</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Fébrile, je rejoins un Centre du Parc national à proximité. On m’informe sur la situation : « Ah bah, c’est sec. »… « Ah bah, il y n’a pas d’oiseaux, c’est trop sec »… « Ah bah, cette année c’est très sec »… « Ah bah, non, je pense pas qu’il y ait d’autres animaux à voir, ah si peut-être des pies, vous voyez ce que c’est les pies ? C’est beau les pies ! »… « Ah si, j’oubliais, il y a aussi des petits oiseaux dans les haies, parfois. Je ne connais pas leur nom, mais ils sont marrons ! »…</p><p>Je suis au nord du parc. Peut-être que plus au sud, il y aura des zones moins sèches et des agents compétents. En attendant, je passe deux jours à tenter de répondre aux mails et aux obligations administratives. « Tenter » parce qu’on ne me laisse pas utiliser le wifi dans les bars et on éteint les prises où je branche mon téléphone, malgré mes consommations régulières… Dans le même sens, mes sollicitations auprès de la station biologique de Doñana ne donnent rien. Je leur ai proposé un volontariat scientifique et demandé quelques informations écologiques sur la Réserve. Aucune réponse malgré trois relances puis un email « Allez au centre d’information. » Le fameux centre « les pies sont jolies »… Aucune formule de politesse, pas de bonjour, pas de signature…</p><p>L’ambiance humaine est délétère, il n’y a pas de bestioles et je dors dans une dune de poussière à tendance sauna. Situation très stimulante pour travailler sur soi…</p><p>Mes visites dans le sud du parc confirment l’absence d’eau sur l’ensemble du territoire. Les marais de Doñana se remplissent par les eaux pluviales, or, il n'a pas plu depuis des mois et toutes les zones humides sont asséchées. De plus, les températures très clémentes dans le nord de l'Europe n'ont pas décidé les oiseaux à débuter leur migration. Il n'y a aucun oiseau d'eau. La flore est desséchée. Malgré ce triste constat, les milieux naturels, même assoiffés, restent élégants. Je parcours les majestueuses forêts de pins parasols, les dunes blanches et grises de la côte, y retrouve des plantes communes aux dunes côtières vendéennes comme l’Oyat (<em>Ammophila arenaria</em>), la Silène de France (<em>Silene gallica</em>) ou encore l’aromatique Immortelle des dunes (<em>Helichrysum stoechas</em>). À part quelques Cerfs élaphes (<em>Cervus elaphus</em>) vagabondant dans un étang asséché, une trace de Lynx (<em>Lynx pardinus</em>), quelques Engoulevents d’Europe (<em>Caprimulgus europaeus</em>) et des passereaux communs, je détecte très peu d’espèces animales.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/DJI_0015@0-33x.jpg" class="kg-image" alt="Réserve de Biosphère #1 : le Parc National de Doñana"><figcaption>Dunes boisées au bord de l'Atlantique. Au loin, Matalascanas</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1023386.jpg" class="kg-image" alt="Réserve de Biosphère #1 : le Parc National de Doñana"><figcaption>Majestueuse forêt de Pins parasols</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Et ce sont les cieux qui vont vraiment m'émerveiller.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_donana_5.jpg" class="kg-image" alt="Réserve de Biosphère #1 : le Parc National de Doñana"></figure><!--kg-card-end: image--><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/04/_1023041c.jpg" class="kg-image" alt="Réserve de Biosphère #1 : le Parc National de Doñana"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Amer, je quitte Doñana, mais je suis heureux de reprendre le vélo et ma vie nomade. Bientôt, je vais quitter l’Europe et rejoindre notre berceau : l’Afrique !</p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Chapitre 2 - L'Europe méridionale]]></title><description><![CDATA[<p>Encore des repères qui tombent : la langue, la culture, l’alimentation. Telles les veilleuses des chambres des petits, leur disparition à l’entrée en Espagne me bouscule et m’autonomise. Plus mes repères disparaissent, plus j’entre en voyage.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/03/carte-blog-ESPAGNE.jpg" class="kg-image"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Je redoute un peu ce qui m’attend sur ce début</p>]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/ambiance-mediterraneenne-bord-de-leurope/</link><guid isPermaLink="false">5de55dbf9d6cf200016fe18b</guid><category><![CDATA[Résumés des dernières étapes]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Tue, 31 Mar 2020 14:47:32 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20190913_183259-1.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20190913_183259-1.jpg" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><p>Encore des repères qui tombent : la langue, la culture, l’alimentation. Telles les veilleuses des chambres des petits, leur disparition à l’entrée en Espagne me bouscule et m’autonomise. Plus mes repères disparaissent, plus j’entre en voyage.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/03/carte-blog-ESPAGNE.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"></figure><!--kg-card-end: image--><p>Je redoute un peu ce qui m’attend sur ce début de parcours : la traversée des Pyrénées. Les courbes de niveau sur le GPS sont nombreuses et rapprochées, vision légèrement épileptique. C’est une bonne surprise lorsque j’emprunte une piste qui s’avère être une ancienne voie de chemin de fer, les pentes y sont douces. Lorsqu’elles sont trop abruptes pour le passage du train, des tunnels ont été forés. Je me balade donc entre tunnels et pistes stabilisées cernées de landes à bruyères magnifiques en pleine fleur en ces jours de septembre. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20190911_114431-1.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>Landes à bruyères en fleur canalisant mon parcours en Navarre - Sunbilla</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>La traversée de la Navarre est sereine, il y fait beau et doux, les milieux traversés sont riches et préservés (forêt de hêtres, petites tourbières, landes). </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/_1022507_169.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>Grande Grassette (<em>Pinguicula vulgaris</em>), plante carnivore des tourbières observée sur les bords des routes de Navarre - Urrotz</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20190911_175735.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>Magnifique forêt de Hêtres, perchée au haut d'un massif très raide... - Eltzaburu</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Seules les pentes raides qui prolongent l’ancienne voie de chemin de fer m’usent. Avant d’atteindre les écosystèmes méditerranéens, je bifurque vers le parc des Bardenas. Ancienne mer intérieure, ce territoire ahurissant a littéralement été sculpté par l’érosion. Quelques plantes de milieux salés (plantes halophiles) arrivent à s’y développer, mais l’ambiance désertique est prégnante : pas de chants d’oiseaux, pas de chants d’insectes, pas de vent, un paysage immobile.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20190913_180939.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>L'antre des Néphélées - Parc des Bardenas</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20190913_183139.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>L'érosion a de l'humour - Parc des Bardenas</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20190913_183259.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>Ce paysage existe réellement... - Parc des Bardenas</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Quand je pars de Tudela, plein sud, les bords de routes s’éclaircissent. Des plantes aromatiques apparaissent, comme des lavandes, du romarin ou des sauges. Je découvre les écosystèmes méditerranéens. Plusieurs centaines de kilomètres à travers des variations de garrigues, tantôt boisées et assombries de chênes verts, tantôt arides et ouvertes. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20190916_111151.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>Garrigue aux alentours d'Agreda</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20190923_163801.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>Paysage de "savane" - Vallée d'Acudia</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Les animaux se font rares, quelques libellules et criquets, quelques chevreuils et lapins de Garenne. C’est au-dessus de moi que se trouve la majorité de la faune, et elle m’est invisible. </p><p>On est en septembre, époque d’un phénomène écologique majeur en Europe, la migration post-nuptiale. Après s’être reproduits dans nos contrées, des millions d’oiseaux, quittent leurs quartiers d’été pour rejoindre le sud de l'Europe et l'Afrique, où des conditions climatiques plus clémentes leur assurent un gîte et un couvert de qualité. </p><p>J’en vois très peu, ils passent haut dans le ciel. Parfois des dizaines d’ombres floues me dépassent sur le bitume. En levant la tête, j'entrevois quelques Balbuzards pêcheurs, Circaètes Jean-le-Blanc ou de splendides Élanions blancs. J’aperçois également quelques vautours fauves qui planent sur mon passage, ce qui peut signifier deux choses : soit la route contribue à créer des courants d'air chauds ascendants qui sont de véritables ascenseurs pour les grands oiseaux, soit je sens la charogne. Les deux sont crédibles. </p><p>J’ai l’impression d’être des leurs, nous suivons lentement la même longue route vers l’Afrique, ils m’accompagnent, ou plutôt, je les accompagne. </p><p>Cette pseudo grégarité me fait du bien dans ce contexte de solitude exacerbée par un contexte paysager étrange. Je traverse des dizaines de villages vides d’âmes, tout comme les routes. Il m’arrive de rouler 50 km sur des nationales et de ne croiser aucun véhicule. Agréable mais flippant.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20190917_095945.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>Village charmant et désert - Moron de Almazan</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Cette progression est ralentie par de violents vents de face. Le vent, c’est le pire. Le relief, c’est dur, mais c’est gratifiant et on est souvent récompensé par une belle descente sensationnelle. Avec le vent, aucune récompense, à part peut être la joie que l'on éprouve le lendemain lorsqu'on roule sans lui.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20190920_102735.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>Monotonie et vent de face... Journée éreintante - Villacanas</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Toujours plus au sud, la chaleur est un nouveau facteur de ralentissement. Il fait plus de 39°C le 20 septembre. Mais bientôt, la vallée du Guadalquivir offre une atmosphère plus respirable. Le paysage change radicalement. L’accès à l’eau, la température clémente et la fertilité des sols ont favorisé une agriculture intensive. Des rizières prêtes à être récoltées défilent. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20190927_105836.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>Rizière en bordure du Guadalquivir - Palma del rio</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Leur engorgement en eau attire quantité d’insectes et d’oiseaux (Crabiers chevelus, Hérons, Aigrettes, Ibis, Cigognes blanches et noires, etc.). Mais ce qui m’étonne, ce sont tous ces petits amas blancs qui bordent la route. On pourrait croire aux vestiges d’un gigantesque massacre d’ours en peluche ou d’un record du monde de la plus grande bataille de polochon. J’étais quasiment sur la bonne piste. Il s’agit bien de coton. La vallée du Guadalquivir abrite également des cultures de coton, et à grande échelle. </p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/coton-champ.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>Champ de coton - Cordoba</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/coton-detail.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>Fleur de coton - Cordoba</figcaption></figure><!--kg-card-end: image--><p>Au centre de cette Andalousie si singulière, je slalome entre les moissonneuses à coton, celles à riz et les camions opulents. Les villages qui ponctuent le trajet sont désormais blancs et les gens qui les peuplent ont un accent très particulier. Tous les « s » et les « z » sont prononcés comme des « z », les Andalous zozotent. C’est d’autant plus fascinant quand de grands gaillards moustachus s’engueulent devant un bar… Ils ne sont ni crédibles ni virils…</p><p>Mon objectif brille de plus en plus fort à l’horizon, le parc de Doñana est là, à quelques dizaines de kilomètres ! Je ferai un article spécifique sur la première Réserve de Biosphère de l’UNESCO que je visite. J’y reste une semaine et reprends la route pour quelques jours. Je suis à Algésiras, les portes de l’Espagne, celles de l’Europe et celles d’une étape majeure pour moi.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card kg-card-hascaption"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/12/20191008_083919.jpg" class="kg-image" alt="Chapitre 2 - L'Europe méridionale"><figcaption>Je quitte l'Espagne, je quitte l'Europe - Détroit de Gibraltar</figcaption></figure><!--kg-card-end: image-->]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Bienvenue !]]></title><description><![CDATA[Bienvenue à bord]]></description><link>http://blog.naturaliste-nomade.fr/bienvenue/</link><guid isPermaLink="false">5dac9b969d6cf200016fe0fc</guid><category><![CDATA[Généralités]]></category><dc:creator><![CDATA[Florent Pouzet]]></dc:creator><pubDate>Mon, 20 Jan 2020 18:40:00 GMT</pubDate><media:content url="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/10/20190907_113346.jpg" medium="image"/><content:encoded><![CDATA[<img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/10/20190907_113346.jpg" alt="Bienvenue !"><p>Vous êtes en train de lire les premiers mots d’un journal de bord qui sera mon compagnon de voyage pendant les quatre années à venir.</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2019/10/20190907_113346-1.jpg" class="kg-image" alt="Bienvenue !"></figure><!--kg-card-end: image--><p>La gestation de ce site a été longue et il reste encore différents aspects à développer, mais sachez que Maen Juganaikloo, l’artisan de cette belle plateforme, travaille de façon bénévole, qu’il en soit vivement remercié. Le gardiennage de mon saxophone baryton aura suffit à le motiver.</p><p>Le site naturaliste-nomade.fr est dédié au partage de mes découvertes, observations et émotions lors de mon voyage de quatre années autour de la planète en vélo et à la voile. L’objectif principal de cette épopée est d’explorer les différents écosystèmes planétaires et de profiter de l’invraisemblable beauté de ces derniers.</p><p>Le site se décline en 4 pages :</p><p><strong>Le voyage</strong></p><p>Vous trouverez en page d’accueil sur une magnifique carte des biomes* mondiaux, mon parcours actualisé, celui projeté et les différentes réserves de biosphère de l’UNESCO que je visite. Chacune bénéficie d’un descriptif succinct jusqu’à ce que je l’explore et que je la décrive plus abondamment et l’illustre de clichés pris sur place.</p><p>Cette carte inédite est le fruit d’une collaboration avec Laëtitia Baranger qui a également réalisé bénévolement le <a href="https://www.youtube.com/watch?v=DxBOTn0Ddos&amp;feature=emb_logo">teaser</a>, qu’elle en soit vivement remerciée. Les sources et références des données brutes sont issues du Fonds mondial pour la nature (WWF) établi en 2001.</p><p>Vous y trouverez également les principales statistiques du voyage en cours et l’inspiration qui a permis cette aventure.</p><p><strong>Technique (page en construction)</strong></p><p>Il s’agit d’une page destinée à ceux et celles qui désirent en savoir davantage sur les rouages du voyage et notamment sur les aspects logistiques et matériels.</p><p><strong>Média</strong></p><p>La page média présente les photos, les vidéos et les enregistrements sonores récoltés au fur et à mesure des kilomètres et des écosystèmes.</p><p><strong>Blog</strong></p><p>Contre toute attente, cette partie est dédiée au blog.</p><p>Je suis déjà en Martinique après avoir digéré plus 10 000 km à travers l'Europe, l'Afrique et l'océan Atlantique. Les prochains articles reviendront sur ces débuts intenses.</p><p>Vous êtes mes agents de liaison, je vais m’efforcer de vous relater au mieux cette aventure hors norme. Rangement et installation des sacoches, clipsage du casque, enfilage des mitaines, agencement des lunettes de soleil, branchement du GPS, un coup d’œil à gauche… On est parti !</p><!--kg-card-begin: image--><figure class="kg-card kg-image-card"><img src="http://blog.naturaliste-nomade.fr/content/images/2020/01/_1023041c.jpg" class="kg-image" alt="Bienvenue !"></figure><!--kg-card-end: image--><p><em>*biomes : écorégion, ensemble d’écosystèmes caractéristiques d’une région. En savoir plus <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Biome">ici</a>.</em></p>]]></content:encoded></item></channel></rss>